LES TATOUAGES SOUS LA PEAU

Rupture
Déception
Paillasson
pour leurs pieds :
Il a ses tatouages sous la peau.

Envie
Elan
Candeur
Mais leur frustration
Et leurs visages fermés :
Il a ses tatouages sous la peau.

Enfant
Souriant
Optimiste
Mais le consumérisme
L’individualisme
L’absence de compréhension :
Il a ses tatouages sous la peau.

Sa peau est blanche.
Semblable à celle
De ses premiers jours.
Intacte, comme le reflet
De l’authenticité
De son âme.
Mais en-dessous, il y a
Tout ce que la vie
Les expériences
Ont
Marqué
Et qui ne s’efface pas.

Vous le verriez,
Vous le prendriez
Pour un homme niais
Tendre.
Il n’exhibe pas
Les rencontres incendie
Les déceptions qui découpent
Les phrases et
Les visages
Qui restructurent.

Il tait
Tout ce qui fait crier.
Il garde
Ce qu’on exhibe
Pour recevoir de l’empathie.

Lui :
Il a
Ses tatouages
Sous la peau.

VENDEUR DE VALISES

Il vend des valises
Comme si tout le monde
Avait envie de
partir.
Tout le monde
VEUT
partir.
Mais ceux qui rêvent d’avion,
Rêvent encore du réel,
Et pas d’acheter sa valise dans une ruelle.

Il vend des valises
Comme si tout le monde
Avait envie de

partir.
Tout le monde
VEUT
partir.
Mais ceux qui rêvent d’évasion
ne rêvent plus d’avion,
Mais d’un corps, d’un sourire,
de deux yeux.

Il vend des valises
Comme si tout le monde
Avait envie de

partir.
Tout le monde
VA
partir.
Mais dans un cercueil, sur
un cheval,
Sur une planche à voile,
Dans un livre,
Dans une salle de cinéma,
Mais
sans valise.
Sans valise.

Il marche devant sa boutique,
Se mouche, en attendant ses clients.

ANNEAU DANS LE NEZ

Un anneau
Dans le nez d’une femme
Est à double tranchant.
Soit, son visage épais
Vous évoquera l’animal
Le ruminant
Soit, son visage pur
Vous évoquera tout ce qu’
Il y a
D’indomptable
Chez elle.
La beauté qu’on ne met pas
Dans une cage
Dans un bocal.
Qu’on ne privatise
Pas
Que pour soi.
Son anneau à elle
Me rappelle ça
Car ses cheveux sont blonds
Ses traits ont la douceur
De la femme
Qui se penche sur les
Hommes
Pour les redresser.
Et ses yeux
Fixent
Au loin
Les rêves
L’horizon
Qui renaissent
Différemment
Chaque jour
En elle.

SAUVAGE

Comme un lion
le soir
au Zoo.
Seul.
Comme un marin
A deux heures du matin
Montant dans son bateau.
Seul.
Comme un écrivain
A la bougie
Cherchant le dernier mot.
Seul.
Comme un mouton
Intrigué par un soleil
S’extirpant d’un troupeau.
Seul.

Mais
Sauvage.
Comme l’océan
Débarquant
Sur une plage.
Comme un loup
Déterminé
Qui traverse à la nage.
Comme une danseuse
Sensuelle, qui transforme en parquet
Le carrelage.

Seul
Mais sauvage.

Sauvage.

Car se rapprocher d’eux
Eloigne de soi.
Car le majestueux, dans le trop fade,
à la lisière
aussi
Doit se trouver par là.

Seul.
Mais sauvage.

Sauvage. Sauvage.

HERITAGE

Une coiffeuse
Un chef cuisinier
Deux traducteurs
Un amoureux du sport
Une amoureuse du cinéma :
pas d’intellectuel
Pas de volonté de
Convaincre
Juste de plaisanter
De partager

d’écouter
de s’aimer.

Le soir
Tout le monde
Est parti
Et il remercie son père
Pour cette réunion
Préparée.
Il est
la générosité incarnée
l’humilité de donner
et comme si c’était contagieux

eux
étaient tous

comme lui
ce repas de midi.

Comme si
Les valeurs du passé
Pouvaient être encore
Sauvegardées
Par des jeunes
Prêts à relever le flambeau

Qu’on allumait
dans la cuisine

et que les anciens tendaient
autour d’une paella
d’un gâteau.

Dans ces fêtes
Où le meilleur de l’homme se partageait
Et s’inscrivait dans la peau.
Oui, dans le gras.

On n’en prend pas qu’un peu
On se ressert deux fois.
Double ration pour l’estomac
Mais aussi pour le cœur.
Certains soirs, en partant,
On se sent ambassadeur
De toute la générosité qu’ils nous lèguent
De leur vivant
Comme un héritage.
A l’heure du dessert

et du fromage.

Il salue son père
Et part sous la pluie

direction son domicile.

SOURIRE BOUCHE

Sur le quai
Cheveux blancs
60 ans
Ils s’embrassent fougueusement.
Putain
C’est sacrément beau
l’amour.

Il les regarde
En se demandant
S’il vivra
si vieux.
S’il sera un jour
réciproquement
si amoureux ?

En tout cas
en les regardant
s’embrasser
il observe
son corps s’embraser
en rêvant
à ça :

un quai
un sourire
une bouche
un sourire
une bouche
un sourire
une bouche

SCORPION

C’est l’histoire d’un scorpion qui sent une démangeaison.
Il se gratte.
Fin de l’histoire.

POUDRE AUX YEUX

La poudre sur ses yeux
Est de la poudre
Aux yeux
Car la poudre
dans son nez
Me parle
De la difficulté
pour son authenticité
De s’exprimer.

Dehors
La vitesse
Le gris
La disparition
de la magie
Quand s’ est enfui
cet homme.
Ces hommes.
Un
Pour qui
Il n’y aura jamais de prochain
Quand aux autres
Renvoi de fautes
en attendant
d’avoir
à nouveau le béguin.

La poudre
sur ses yeux
Est de la poudre
Aux yeux
Car la poudre
dans son nez

Me parle
De la difficulté
pour son authenticité
De s’exprimer.

Masque
Poudre sur ses joues
Mais surtout
sourire sociale
Sous sa figure ça bout.
Inconfort
D’une vie
Quand le désir de confort
la lie
Au quotidien
à eux.
Etres en costumes
Si banals
Et si peu
généreux.

La poudre sur ses yeux
Est de la poudre
Aux yeux
Car la poudre
dans son nez
Me parle
De la difficulté
pour son authenticité
De s’exprimer.

Etonnante
Mais donc
trop
stupéfiante.
Mais comment oublier
comme tu m’as fait
aimer
bander
rêver
redonner à mes journées
Une raison
A nouveau
De se surpasser.

Même si
c’est vrai…
La poudre sur
tes yeux
était de la poudre
Aux yeux
Car la poudre
dans ton nez
Me parlait
De ta difficulté
pour ton authenticité
au quotidien
De
vraiment t’exprimer.

SAUT DANS LE VIDE

il quitte
tout.
un peu
comme
on saute
dans le vide
en parachute.
sans bien connaître
la solidité
du parachute.

c’est vrai
mais
quand juste avant de sauter
il se retourne :
il ne regrette pas
le monde
dans son dos.
aucune voix,
aucun visage
ne le retient.
la seule chose
qui
le retient
et qu’il écoute
avec gravité
est le chuchotement
qui émane
de l’intérieur de lui.
et cette voix lui dit :
tu n’as rien
à
regretter.
cette société,
cet ancien système
engendre
majoritairement
de la souffrance
à détruire
notre connexion
à l’autre,
à notre âme
à l’environnement.

alors
il a sauté
et maintenant
qu’il s’est jeté
la chute lui paraît
moins rapide
et
le parachute
plus solide
qu’il
ne le pressentait.
une mère prête à accueillir.
Certains amis
qui remercient
pour la fraternité,
l’écoute,
le sourire.
Un ami
de Granville
qui lui
insuffle
des outils exceptionnels,
une humanité, une gentillesse,
un humour.
Et le sol sur lequel
il risque de s’écraser
existe-t-il vraiment ?

Les peurs
apparaissent
Uniquement
dans son esprit
quand les filles
qui rassurent
ne sont pas celles qui caressent.
Et que celles qui caressent
et illuminent,
le font,
sans comprendre
vraiment
le don de cette âme
face à elles.

Quelle joie serait
d’être accompagné
de l’intelligence, de la force,
de l’émotivité, de la sensualité
incarnée dans une même femme.

Peut-être
apparaitra-t-elle.
Certainement que les sensuelles
Actuelles
Invitent à un lâcher-prise
nécessaire.

Tout n’est pas équilibré.
Mais il sait qu’au bout
d’un chemin
qui lui plait
l’attend
forcément
une leçon.

Une part
En lui
Qui souhaitait
S’exprimer.
Enfin
Diriger.

A lui
d’inviter
toutes ses parts en randonnée,
Dans la sérénité,
pour qu’ ils marchent,
Chaque jour,
de 6heures à 23h :
Ensemble.
Ensemble.

Il saute dans le vide
mais le parachute
ne s’ouvre
pas
car il ne
l’actionne pas.
le vide
en fait
remplit
attire
Quand tout en bas
Il y a soi.

Quand tout
en bas
Il y a soi.

Il ferme son ordinateur.
Le glisse dans son sac
à dos.
Et repart
marcher dans les rues
de Paris.

ELLE, SANS VOIX EN L’AIR

Elle, sans voix en l’air.
Du thé dans son bol d’eau,
Du vrai dans son Baudelaire.

Elle collectionne,
Les écrits vains.
Elle met des maux,
Sur son chagrin.

Sa seule étude ?
La solitude.
Pour elle, ça attaque de toutes parts.
Elle se rend pas.
Elle se rempare.

Elle s’empare
D’un monde à part.
Ses rêves bétonnent,
Et si on inversait le temps,
A la Button ?

Un otage gît.
La Nostalgie.
Un bon souvenir, et puis tant pis ?
Désormais, bien plus, une utopie.

Delorean,
Parce que je le vaux bien.
Elle est en panne,
Le passé, c’est même plus pour demain.

Le bonheur est si loin.
Le bonheur est si proche.
Même si pour le moment c’est des centimes,
Quand tu fouilles dans tes poches.

Tu perds sévère ?
Mais tu verras.
Il suffira d’insiste.
Un déclic.
Une personne.
Pour ne plus jamais qu’elle perde ses phones.

Oui, adieu l’enfer,
Tu cesseras d’être triste.
Delorean continuera d’être en panne.
Mais tu sentiras même plus le besoin,
D’appeler ton garagiste…