LES TATOUAGES SOUS LA PEAU

Rupture
Déception
Paillasson
pour leurs pieds :
Il a ses tatouages sous la peau.

Envie
Elan
Candeur
Mais leur frustration
Et leurs visages fermés :
Il a ses tatouages sous la peau.

Enfant
Souriant
Optimiste
Mais le consumérisme
L’individualisme
L’absence de compréhension :
Il a ses tatouages sous la peau.

Sa peau est blanche.
Semblable à celle
De ses premiers jours.
Intacte, comme le reflet
De l’authenticité
De son âme.
Mais en-dessous, il y a
Tout ce que la vie
Les expériences
Ont
Marqué
Et qui ne s’efface pas.

Vous le verriez,
Vous le prendriez
Pour un homme niais
Tendre.
Il n’exhibe pas
Les rencontres incendie
Les déceptions qui découpent
Les phrases et
Les visages
Qui restructurent.

Il tait
Tout ce qui fait crier.
Il garde
Ce qu’on exhibe
Pour recevoir de l’empathie.

Lui :
Il a
Ses tatouages
Sous la peau.

LA COHÉRENCE D’UNE VIE

Les revenus d’un
Sont les dépenses des autres.
Alors si certaines
Personnes
Entreprises
Vous paraissent
Injustement riches
Dangereusement puissantes
Tant qu’il vous reste une
Alternative
De manger
Vous informer
Communiquer,
N’hésitez pas :
Changer.
Les difficultés
Seront
Présentes :
Le temps, les habitudes,
Le budget.
Mais si vous vous lancez
Si vous tentez
Essayez
Persistez,
Un soulagement
Profond
Vous attend :
La cohérence d’une vie.
Des pensées alignées
Sur des actes.
Une sérénité profonde
En soi.
Une vérité.

SE RECONNECTER

Cette société est un cadeau.
Nature saccagée :
Prise de
Conscience
De notre appartenance
Simple
A un grand tout.

Cette société est un cadeau.
Rythme naturel
Non respecté :
Frénésie d’une vie
Qui nous incite
A ralentir
A nous recentrer
Sur nous
A comprendre
Qui on est.

Cette société est un cadeau.
Impasse de l’individualisme,
Du confort à tout prix,
De l’égo.

Alors, nous consommons moins.
Nous nous éparpillons moins.
Nous écoutons les autres
Avec
Bienveillance
Comme on aimerait qu’on nous écoute.
Nous nous reconnectons aux autres.
Aux arbres.
A l’environnement.
A notre âme.
A Nous.

POURQUOI ETES VOUS LA ?

Je suis cosmique.
Comme vous.
Mais vous êtes encore
Trop préoccupés par les sens
Et non le sens
Même l’essence
De votre vie.

Pourquoi êtes vous-là ?
Pourquoi cette personnalité unique ?
Pour cette façon si singulière
D’utiliser son esprit ?
Ses mains ?
D’aimer ?

Pourquoi ?
Pour donner naissance à un fils ?
A une œuvre ?
A un ouvrage collectif ?

Pourquoi êtes-vous là ?
Pourquoi ?
Regardez ce que vous faites
Facilement
Et que les gens aiment
Et que vous aimez
Et alors…
Vous saurez…

LA DANSE DU DIALOGUE

Elle veut vivre
Là où les prises de tête
Sont remplacées
Par les coups de cœur.
La où le visage de la violence
Prend celui de la beauté.

Elle a vécu 50 ans
Dans les comparaisons
Les discussions
Qui a tort
Qui a raison.

Elle a vécu 50 ans
En sachant
Quelque part en elle
Qu’on pouvait vivre autrement.

Puis elle a découvert
La CNV.
La communication non violente
La seule violence étant l’évidence
Qui l’a frappée.

Elle l’avait enfin devant elle
La langue
pour vivre
Dans ce pays dont elle rêvait :
La sérénité.

Elle a voté pour la paix.
Et quand elle observe de la
Brutalité
Chez des adultes
Chez des amis
Chez des parents
Elle ne voit plus la blessure
De son égo
Mais seulement leur tristesse.

Elle les écoute.
Elle les comprend
Quelque part
Elle les aime.

Et tout se
Dénoue
Peu à peu
Se dénoue
Dans la douceur
La chaleur
De la danse du dialogue.

LE REPLI OU LA FRATERNITE ?

Les gens ont
Peur
Peur de perdre leur travail
Peur d’aller au travail :
Le stress, la déconsidération et
Le toujours plus
Qui n’est jamais
Suffisant.
Les gent ont
Peur
Peur de ne plus être aimé
Peur
D’être trop aimé
Par une personne
Pour qui il
N’éprouve
Pas de passion
Uniquement de la tendresse.

Les gens ont
Peur…
On veut de l’amour
Et sans une situation
Un logement
Une certaine quantité d’argent
Devant nous
Beaucoup de yeux disparaissent.

On veut conserver
Cette connexion
Leur intérêt
Protéger la famille à tout prix
On dit alors
«Oui».
Oui au repli
Oui à une solidarité renforcée
Mais qui se coupe
Des autres.
Les autres, qui
Ne laissent plus en
Paix
Notre esprit.
Ils ont les mêmes
Besoins
Et vont donc
Essayer
Pour les assouvir
De prendre
Une partie des
Ressources.

Les plus pauvres
Préoccupent.
Les puissants
Aussi.
Quand nous ne
Serons
A ce « jeu »
Désormais
Les plus forts
Nous serons
A notre tour
Ces âmes errantes
En quête de sec,
De tranquillité
Pour nos familles
Et de pain.

Alors que si
Face à notre besoin de sécurité
Nous choisissions
La fraternité
Nous n’aurions plus peur.
On saurait
Qu’à tout moment
Une main
Nous relèverait.
Nous aiderait.
Partagerait.
Et on aurait tellement
De fierté
A appartenir
A cette communauté
Que chaque jour
Dans cet univers
Aurait du sens.
On travaillerait
Ce qu’il faut
A notre rythme
Avec la satisfaction
le soir
De boire
Une tasse de thé
Avec un ami
Par la fenêtre
En regardant
La lune.
Ces moments de complicité
De beauté
De vérité
Suffisent.
Pourquoi courir
Pour accumuler
Pour acheter
Quand nous voulons
Seulement
Etre aimé
Sans condition
Pour notre générosité pour
Notre âme.

Pourquoi ?
Les nuits
Ces derniers temps
Disparaissent
ou au mieux se décalent.
L’intuition comprend ce
Qui vient.
Un monstre de peur accouche.
Et les yeux ne peuvent se résoudre.

« UN PROJET »

Elle a 50 ans
Elle est belle
Elle me demande si
Elle peut prendre cette chaise
Elle s’assoit à la périphérie de ma vue
Je l’entends parler
Son ton de voix ne m’est
Pas
Particulièrement
Agréable
Mais qu’elle satisfasse son
Besoin
De connexion
Avec une amie est important.
Pendant ce temps
J’écris.
Je travaille la musique de mes phrases
Fréquemment brouillée par ses paroles
Que j’entends sur ma droite.
Un peu contrarié, au bout
D’une demi-heure, je
Finis par tourner la
Tête
Pour voir à qui elle parle.
En fait elle est seule…
Elle parle seule…
Même pas au téléphone.
Même pas à une passante.
Depuis plus d’une demi-heure, elle parle
Seule, elle, raffinée.
Elle, bien habillée.
Et je comprends
Que la folie
Touche de plus en plus de monde.
Plus besoin de tomber dans la misère,
D’errer dans la rue
Vêtements déchirés, canette à la main pour délirer.
Non,
L’absence de sens
S’empare peu à peu de tous les crânes.
On se bat pour au moins rester droit
Respectable
Silencieux.
Quand on lui demandait
Ce que
La beauté
Représentait
Abd Al Malik répondait :
« Un projet ».
Le seul finalement qu’il nous reste
Pour ne pas finir
Comme cette femme
A parler
A toutes ces oreilles
Qui
Quand il était encore temps
N’ont jamais répondu.