COUCHER LE SABLIER & AINSI SE COUCHER SUR LE SABLE

Avant
Pour moi
Le temps était une flèche :
Le tourbillon des villes
Et non le calme de l’Ardèche.

Avant
Pour moi le temps
Etait une frise,
Et j’ai frisé
La correctionnelle
Quand j’ai vu
Que les années
N’élevaient pas vers le ciel.

Avant
Pout moi
le temps
était l’OTAN.
Un escadron d’avions
Qui volaient
dans ma tête.
Me rappelaient
de ne pas m’appesantir
dans le moment présent
On m’attendait ailleurs
dans peu de temps :
L’instant n’était jamais à la fête.

Avant
Pour moi
Le temps était un sablier.
Que j’ai fini par coucher
Pour me coucher
Sur le sable
de cette plage
Où j’allais chaque été.

Une plage
désormais
Où j’observe les maillots
où j’accueille les invitations
des oiseaux
Et la force, devant moi,
des rouleaux.

Le temps a désormais
le temps
De m’en faire perdre.
Donc de
m’en faire gagner.

La montre déconnectée
Je n’ai
jamais été
aussi connecté…

A moi…