LE JOUR ET LA NUIT

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Un ami
L’appelle
Lui parle
de hyènes en cravate.
De valses
Entre squelettes
devant
la machine à café.

Lui
Observe
Alors qu’il aimerait
Crier
Partir
Même user de ses mains
Mais plus sur le clavier.

Sur eux…

Sur eux…

Mais il sourit bêtement
Devant eux
Un gobelet à la main.
Il offre des politesses
A ceux qui lui assènent
Quotidiennement
Des uppercuts. 

Intérieurement
Il n’en peut plus
Et pourtant en lui
Il sait qu’il est magnifique.

Magnifique.

Même son copain
Lui dit
Comment c’est un seigneur
Même s’il
ne comprend
Jamais
Les blagues
Et qu’il peut
Tourner 40 minutes
Pour se garer
Dans une ville
Alors qu’ils ont
Seulement
60 minutes
pour se voir. 

« T’es un seigneur.
Un prince.
Tu gardes le temple.
T’es
Muhammed Ali
En Citroen
et en cravate.

T’es Rocky
qui lance
Des coups de poings
Dans le vide
Déterminé
qu’il est
à toujours lutter
Se relever
Repousser l’assaillant.

Mais il n y a plus d’assaillant.
Du moins : plus en face.
Les coups t’arrivent
dans le dos
même sous la ceinture
mon pote. 

Et quand tu pleures
c’est moi aussi
qui chiale
Sans fuite
ni possibilité de réplique
Elle reste coincée
Dans le corps
Cette violence.
La coquine
Elle visite.
En nous
On le sent
Elle se balade. 

S’engager
Dans une vie
Sans avoir été
Invité
Au préalable
A se connaître :
On sait
Tout ce qu’ils en pensent
Nos silences
Finalement
De tout ça. 

Et quand tu m’appelles
Je souris
Je remercie.
Conversation
vers l’infini
Au fond
Tous les deux
On est le jour et la nuit.

Et en fonction
Des jours
L’un et autre.
Et même le contraire.
Et même les deux en même temps.

Et même les deux en même temps.