VOLCANS DE GENEROSITE

Ils traversent leur vie, à travers les heures, à travers les décors des villes, en solitaire, pourtant ils ont tant à donner. Son père à lui, sa mère à elle : deux volcans de générosité, sans aucune pente au quotidien sur laquelle couler, se déposer, pour enrichir toute une terre des ferments de leur amour.

Aussi, la vie, initialement intrigante aventure, a fini un jour par les pousser à revêtir l’armure, les relations, à force de coup bas, ayant fini à leur faire apparenter la vie à rien d’autre qu’à un constant combat.

Pourtant, avec eux, son fils pour lui, sa fille pour elle, derrière l’armure, le cœur est là. Cœur d’enfant : évident. Simple. Sincère. Et lumineux. Et cette envie constamment de dire « merci » et « je t’aime ». Mais par pudeur, peur des émotions, les mots d’amour chez eux sont devenus des gestes.

Des billets, en votre absence, qui se cachent dans les lits, dans les sacs, ou qui autoritairement, à l’heure du départ, sont glissés dans vos poches. Des mains qui serrent des tomates dans les mains, pour à l’heure du repas, vous faire sentir, à travers le raffinement du basilic et du safran, qu’ils aimeraient tant en permanence rire avec vous, vous tenir dans leurs bras.

Ils ne veulent pas déranger, comme ils ne veulent plus être dérangés. Ils veulent tout dire, sans vous envahir. Ils ne veulent pas que leur amour vous ralentisse dans votre quête d’autonomie et d’accomplissement. Ils veulent que vous soyez heureux, comme s’ils n’étaient plus là, pour que le vide à venir, ne soit qu’un simple souvenir, avec reconnaissance, à porter.

Ils ne veulent pas causer d’états d’âme, ralentir une intuition, une volonté, en l’imposant de ne plus regarder juste droit devant, mais aussi à côté. Rien impacter, rien causer, donc taire. Ils taisent des soucis, des maladies, des envies de partage comme avant.

Leur générosité : leur réactivité à aider, leur promptitude à donner : son fils à lui, sa fille à elle, quand ils sont là : ils ne voient que ça. Derrière le personnage de solitaire qu’ils se sont créé. Derrière le masque de rigidité qui a maintenant du mal à se décoller : ils ne voient que ça. Ils comprennent l’endurcissement, pour avoir découvert depuis leur départ du domicile, une jungle, où consciemment ou inconsciemment, on manipule, on consomme, on brise : on se sourit à qui sera le plus violent.

Ils auraient pu s’endurcir aussi. Mais avec de telles figures de générosité, ils ont compris la grandeur et l’importance, d’autant accompagner et donner. Alors, quand lui voit son père, et elle sa mère : ils les aident, les écoutent, toujours leur sourient, leur passent toutes leurs maladresses, pour les inviter en douceur à être plus nuancés, plus ouverts, plus relâchés. Ramollir les rigidités à la chaleur de la confiance, de la complicité.

Une qualité de connexion, qui d’ailleurs, tous les deux, les élève, les unit. Ressourcement mental et physique, par un partage total et réciproque d’énergie. Pour continuer à contribuer, dans la présence, sans se renfermer : avantage de pouvoir goûter à une base de douceur et de sécurité. Matelas, issu d’un vrai partage, sur le matelas, et à côté. Qui a nécessité qu’ils se soient questionnés, enfin trouvés. En cela, ils remercient, dans leur cœur, leurs parents dans leur quête qui ne les ont jamais entravés.

Seuls les monticules dans l’assiette, ont parfois laissé fuiter, qu’ils auraient apprécié un peu plus de moments partagés.