MOELLEUX

Royal Câlin.
Devant là où s’élancent les trains
Ils se font
un Royal Câlin.

Par la longueur de leurs bras
ils établissent
Ce ghetto
de bienveillance
Dont elle lui a parlé dans le café.
Minuscule lieu
Où tout redevient
Possible.
Surtout la possibilité
De pouvoir s’élancer, sans jamais réfléchir.

Royal Câlin.
Devant là où s’élancent les trains
Ils se font
un Royal Câlin,
et les mains sourient
sur les dos,
car le toucher c’est une
réponse
qu’on reçoit illico.

Royal Câlin.
Devant là où s’élancent les trains
Ils se font
un Royal Câlin,
En rêvant que ce ghetto
ne se résume plus
à quelques dos ;
mais à la surface de toutes ces peaux
qui s’en vont vers les trains.
Direction leur foyer.
devant la télé
Sans échanger de la soirée.
Sans recevoir
de réponse illico,
d’une peau
sur leur peau,
qui leur dirait
sans même se parler :
« je sais ».

Royal Câlin.
Devant là où s’élancent les trains
Ils se font
un Royal Câlin.

Un royal câlin.

Un royal câlin.