A L’HEURE AU RENDEZ-VOUS ?

Il s’arrête.
Compte.
Et il réalise qu’il a
Passé
1/4 de sa vie à dormir.
1/3 de sa vie à écrire.
1/3 de sa vie à travailler
Et le reste du temps à faire du sport.
Pour finalement :
Avoir des cernes, du bide, des papiers pleins
la table et 10 jours de RTT.
Il sourit.
Se traite gentiment d’amateur
Et se ressert du thé.

Il réalise que l’absurdité est maintenant
Une compagne.
Une vieille amie.

Avant il lui reprochait
Sa passivité.
Elle ne faisait rien contre l’injustice
Ses livres non publiées
Les conditions de travail
Et ces femmes qui
Passaient
Sans s’arrêter.

Maintenant c’est une danseuse
Tahitienne
Qu’il regarde danser
sur la scène.

Elle danse, sa vieille
Complice.
Nonchalamment,
Elle le regarde du coin
De l’œil.

Il est attablé dans
Un café.
Il fait chaud.
Le rythme est
Langoureux, quand
On décide de ne pas précipiter
Son rendez-vous avec ses rêves.

Il ne précipite rien.
Avant, tous les jours,
Il discutait avec
Les gardiens du
Temple.
La nuit, il remontait
Les fleuves.
Au bout de la course,
Les portes seraient ouvertes, pensait-il.

Aujourd’hui,
Le temple est toujours là, mais il n’y pense plus.
Il ne s’adresse plus aux gardiens, leur rôle
Est symbolique
Ils ne gardent que des murs.

Son corps est plus relâché,
Son esprit libéré.
Il se laisse conduire
Désormais
Par le flot du temps qui passe.

Mais ses rêves
Se demandent
S’il sera
A l’heure
Au rendez-vous ?

Il est attablé dans
Un café.
Il fait chaud.
Le rythme est
Langoureux, quand
On décide de ne pas précipiter
Son rendez-vous avec ses rêves.

Avec ses rêves…