QUAND LES FÉLINS DANS LA PIÈCE SE COMPTAIENT JUSQU’À DEUX

Elle plonge
Dans les profondeurs des
Mers.
Il plonge
Dans les profondeurs
les entrailles mystérieuses
de son âme.
La mer les sépare
Le soleil les sépare
Elle ne pouvait accepter
L’immobilité au milieu du béton.

Elle le regardait
Rester
Comme un homme qui
Refuse d’aller
Là où la magie vous attend.

Alors qu’il avait marché sur le planisphère.
Il a vu les hommes
Sourire et
Trahir,
La banalité
Dans ses sommets
et ses abysses
est
partout.

La magie, depuis,
il la sent
Au fond du corps
Et au fond de certains yeux
Et au fond d’autres corps,
Mais plus en surface,
Dans un déplacement.

Alors, il la laisse s’en aller.
Il la laisse le
Regarder
Comme un homme qui n’ose pas
Abandonner
Des certitudes
Tristes
Pour des risques
Qui n’en sont quasiment pas
Quand on sent sa vie
Dépassée
Pour toujours par ses rêves.

Mais ses rêves,
désormais,
Sont tournés vers l’intérieur
Découvrir la lumière.
Même si ses seins,
Gros,
Lui manquent.
Même si ses fesses
Semblent faites
Pour le creux
l’intérieur de ses mains.

Il sait qu’elle l’aime.
Elle sait qu’il l’aime.
Quand la vie
Est devenue une jungle
Ils ont regardé
Surpris
Les félins
Dans la pièce
se compter
Uniquement jusqu’à deux.

Elle avance
En vous faisant croire
Que la vie n’est qu’un jeu.
Il relate
En vous faisant croire
Que la vie est bien mieux.

Mais l’armure
Qu’elle avait revêtue
Pour ne gêner
Ni vous
Ni même elle
Avait fini par s’incruster dans sa peau.

Mais les nuits
Où il partait pour l’esprit
Avaient fait fuir
Lassés d’attendre
Sur une chaise
Ses abdos.

Et elle est, aujourd’hui, sur cette plage
Et il est dans cette ville.
Et l’océan les sépare
L’éclat du soleil
les sépare
Pourtant
Eux deux
Ont pris la bonne décision.

Sourire
en œuvrant
En participant
Au bien-être du monde
Ils ont
Atterri
Dans leur zone de génie.

Mais l’image de l’autre
Parfois,
Ressurgit,
En pleine journée
Comme pour souligner
Encore
l’ampleur du manque.

Sans générosité
d’apporter
Sa part de beauté spontanée
Par la maîtrise du corps
Sa solitude étalée
Ne serait digne de
Recevoir
La visite d’une inconnue
Sur son bateau
Dans son port.

Sans fragilité avouée
Elle ne pourra réellement
goûter
au pouvoir de s’évader
voyager
Sans se ruer
systématiquement
dehors.

Il s’en va faire du
Sport
et son visage ressurgit
Soudain.
Il revoit son sourire
Ses seins,
Gros.
Ses fesses
Qui semblent faites
Pour le creux
l’intérieur de ses mains.

Il prend ses clefs
Claque la porte.
Il descend les escaliers.

La porte s’ouvre.
La journée commence.

Sa silhouette s’éloigne
peu à peu
Dans la ville
En courant.

Sa silhouette s’éloigne
peu à peu
Dans la ville
En courant.

Dans la ville
En courant.