CHOCOLAT DE MOTS

Elle va
Où elle ira :
bien.
Un principe anodin
mais par loyauté
Peur de se sentir isolé
Combien de fois
on se retrouve finalement

où notre joie
nos désirs
tous nos rêves
N’y
se trouvent pas.

Elle va
Où elle ira :
bien.
Et elle verra bien
Où elle ira.
Dans des trucs ésotériques
Un peu chelou
elle veut
Aller
jusqu’au confluent du mystère
mais ne pas y rester
trop peur du premier degré
et de tous les adorateurs
de Skippy le grand Gourou.

Elle va
Où elle ira :
bien.
Bien
En accord
Avec son corps
Son esprit
Toute sa folie.
Soigner,
La loyauté,
Se conformer,
ça elle connaît,
Ca elle l’a fait.
En jours
En semaines
En mois
Et même amèrement,
en années.

Alors
pour le reste de sa vie
Elle restera
L’expression
des plus belles qualités
enseignées
inculquées
mais choisira pour qui.
Pour qui
surtout pour elle.
L’univers l’attend
Comme les fleurs
les abeilles.

L’univers l’attend
Comme les fleurs
les abeilles.

les abeilles.

Elle va
Où elle ira :
bien.
Et elle verra bien
Où elle ira.

Et elle verra bien
Où elle ira.

Où elle ira.

Royal Câlin.
Devant là où s’élancent les trains
Ils se font
un Royal Câlin.

Par la longueur de leurs bras
ils établissent
Ce ghetto
de bienveillance
Dont elle lui a parlé dans le café.
Minuscule lieu
Où tout redevient
Possible.
Surtout la possibilité
De pouvoir s’élancer, sans jamais réfléchir.

Royal Câlin.
Devant là où s’élancent les trains
Ils se font
un Royal Câlin,
et les mains sourient
sur les dos,
car le toucher c’est une
réponse
qu’on reçoit illico.

Royal Câlin.
Devant là où s’élancent les trains
Ils se font
un Royal Câlin,
En rêvant que ce ghetto
ne se résume plus
à quelques dos ;
mais à la surface de toutes ces peaux
qui s’en vont vers les trains.
Direction leur foyer.
devant la télé
Sans échanger de la soirée.
Sans recevoir
de réponse illico,
d’une peau
sur leur peau,
qui leur dirait
sans même se parler :
« je sais ».

Royal Câlin.
Devant là où s’élancent les trains
Ils se font
un Royal Câlin.

Un royal câlin.

Un royal câlin.

Il aimerait
Avec
des mots
doux
Des mots
droits
Des mots
Vrais
lui graver
Comme sur un arbre
Un sourire
Sur le cœur.

Il aimerait
Qu’elle
Se livre
Qu’elle lui
Dise
Tout :
La
guider
Vers l’émotion
Comme
Elle le guide
Par l’exemple
Constamment
Vers l’action.

Il aimerait
Parler
Avec la petite
Fille
En elle
Qui a grandi
Et qui étouffe.
Pour
Qu’elle échange
Avec le petit
Garçon
En lui
Chanceux
Qui n’a pas connu
Toutes ces secousses.

L’absence d’une maman
Les départs
d’un papa
Dans des verres
Et
le monde des grands
Arrive
Bien avant
Ceux qui peuvent
profiter
Durablement
De la
Tendre
Atmosphère.

Et
Il aimerait
Avec
des mots
doux
Des mots
droits
Des mots
Vrais
lui graver
Comme sur un arbre
Un sourire
Sur le cœur.

Et il sait
Qu’il va
y arriver.
Elle lui a
Bien
Permis
Elle aussi
De ne jamais renoncer.

Et son corps d’adulte
S’efforce
d’avancer
Pour pouvoir
Droit dans les yeux
Lui demander
De lui présenter
La fille
A l’intérieur
de son coeur
Qu’elle a toujours été.
Toujours été.

Et, qu’elle est.
Qu’elle est.

Elle dit :
« Je ne t’ai pas loupé gars »
Maintenant, à son cou
Comme un parfum :
Mon beau Number Five

Répéter
Pour que la technicité
Devienne
de la beauté.
Répéter
Pour que l’intensité
Permanente
Apparaisse comme la banalité.
Répéter comme des magiciens
Pour faire croire
Que le génie
Le bonheur
Peut arriver sans effort un matin.

Répéter
Pour que la technicité
Devienne
de la beauté.
Répéter
Pour que l’intensité
Permanente
Apparaisse comme la banalité.
Répéter comme des magiciens
Pour faire croire
Que le génie
Le bonheur
Peut arriver sans effort un matin.

Il voit
Ces visages souriants
Et la coupe.
Il voit
Ces millions
De gens
Triomphant
Au milieu de la route.
Et il espère
Que demain
Quand l’ordinaire
Reprendra son quotidien
Que de plus en plus
De citoyens
Comme eux
Rêveront de devenir « magiciens ».
De transformer la société.
De diffuser de la beauté.
De faire relier
Un à un
Les individus entre eux.
Tu peux être un footeux
Œuvrer dans une association
Une entreprise
En campagne
Ou dans une PME.

Tu peux être
Comme eux
Si tu décides
De devenir un magicien.
De te lever chaque matin
En répétant tes gammes.
Ca peut prendre
Beaucoup de temps
Simplement
Pour apporter des grammes.
De beauté
De vérité
D’authenticité
De pureté.

Mais la pureté
Même en concentré
Attire
Eclaire
Et satisfait.

Alors
Pour que ce soir
Ne soit pas vain.
Demain
Va vers ton rêve :
Fais tes gammes
Deviens un magicien…

Des milliers d’hommes
dans une baie
pour
un monument.

Une femme de 81 ans
Dans sa cuisine
Pour un étranger
Et ses enfants.

Plus de mille
Ans
Entre deux événements
Mais le même souci :
offrir sa vie
et son énergie
puis s’installer
dans
son coin
de paradis.

Le doute
Chez cette femme
n’existe pas.
Car
La fierté
Mal placée
n’existe pas.

Vous vous levez
Elle est
là.
Vous revenez
Le soir
Elle est là,
Vous sourit
Vous charrie
Vous installe
Et
Vous sert.

Et votre jeunesse
Ne vous
Sert à
Rien.
Et vos diplômes
Ne vous
Servent à
Rien.
Et votre développement
Personnel
Ne vous
Sert à
Rien
Si vous n’êtes
Pas
A l’écoute
Du rythme
De la
Vie
comme
Elle.

Tout est simple
Authentique
Droit
Doux
Pétillant
Jusqu’au
Milieu
De ses yeux.

Et
elle amène
Un nouveau
plat
Sur la table.
Un nouveau
Tee-shirt
Repassé
Sur le lit.
Et
Son image
A elle
Est désormais
Pour lui
un modèle
D’énergie
Dans le détachement.

Nous sommes
Des étrangers
De passage
Claudine.
Vous épluchez
Des légumes
Dans votre
Cuisine,
Et je souris
Car votre
Radio
Diffuse du disco.

Et je repars
de l’appart’
avec votre fille.
vous ne le voyez pas,
je suis de dos,
mais deux yeux
dans la porte entrouverte
scintillent.

Je n’ai pas vu
Brel
De son vivant
Sur scène
Comme vous,
Claudine.

Mais je vous ai
Vue
Vous.

Mais je vous ai
Vue
Vous.

La porte claque,
la porte s’ouvre,
et je cale ma valise
Dans le coffre d’une voiture.
Qui s’en va…

Rupture
Déception
Paillasson
pour leurs pieds :
Il a ses tatouages sous la peau.

Envie
Elan
Candeur
Mais leur frustration
Et leurs visages fermés :
Il a ses tatouages sous la peau.

Enfant
Souriant
Optimiste
Mais le consumérisme
L’individualisme
L’absence de compréhension :
Il a ses tatouages sous la peau.

Sa peau est blanche.
Semblable à celle
De ses premiers jours.
Intacte, comme le reflet
De l’authenticité
De son âme.
Mais en-dessous, il y a
Tout ce que la vie
Les expériences
Ont
Marqué
Et qui ne s’efface pas.

Vous le verriez,
Vous le prendriez
Pour un homme niais
Tendre.
Il n’exhibe pas
Les rencontres incendie
Les déceptions qui découpent
Les phrases et
Les visages
Qui restructurent.

Il tait
Tout ce qui fait crier.
Il garde
Ce qu’on exhibe
Pour recevoir de l’empathie.

Lui :
Il a
Ses tatouages
Sous la peau.

Une femme l’accueille
Dans un café.
Elle donne son âge :
16 ans.
Elle veut être mannequin.
La femme lui dit :
« De nos jours
Il faut être
Surfine.
Les critères
sont très stricts.
Quand tu arrives en agence
il faut que tu sois beaucoup plus belle.
Tu fais attention à ce que
tu manges ?
Ouais ?
Fais du cardio aussi.
Et développe un discours.
Du charme.
Il faut avoir quelque chose en plus. »
A côté,
il écoute
cette femme
parler à cette fille.
Il sourit
jaune :
Avoir quelque chose en plus
Mais sans muscle
Et sans os.
Ca va être dur…
Avoir de la personnalité
De la répartie
Sur des talons
Avec 200 calories dans le ventre
Et que t’es au bord de l’hypoglycémie :
La France a un incroyable
Talent

La femme porte
Alors l’estocade
« Les couleurs noires
ça affine,
aussi.
Et les carreaux. »
Le jeune homme visualise
alors
Le modèle de beauté
Que propose cette femme :
Un squelette
avec un truc en plus,
Peut-être les os sculptés
Ou les ligaments tatoués…
Qui s’habille en carreaux
Noirs.
Et qui juste avant de s’évanouir
Trouve le temps
Dans l’agence
De réciter
du Shakespeare
ou du Rimbaud.

Il a envie de dire
A la demoiselle :
Ne faîtes pas ça
Pour être estimée
De personnes
qui ne vous aiment pas
et pour qui vous
êtes
tout simplement
interchangeables.
Si ce n’est pas votre
Sac d’os
Ça sera un autre.
Ne bousillez pas votre santé
Surtout que la beauté
Pour nous
C’est pas ça.

Il aimerait lui dire.
Il espère que sa famille lui dira
Que son père la protègera.
Société bizarre,
Où beaucoup de gens s’aiment
Sans se le dire
Poussant parfois
Certains au pire
Pour des miettes d’amour
Dont on ne peut
Finalement
Même pas
se nourrir.

Même pas se nourrir

Même pas se nourrir

Quand son ami
Lui demande :
« et
toi
il y a dix ans
si
tu te regardais
maintenant
De quoi
Tu serais
Le plus
Impressionné ? »

Alors
Sans réfléchir
Sans chercher
Non plus
Il repense
A ces créations
Désormais
Qui doivent
Sortir
Et exister
Pour elles-mêmes.

A cette avancée
Permanente
Régulière
Comme une roue
Qui ne cherche pas
A rejoindre
A atteindre
Seulement
A accompagner
Chacune volonté
D’un mouvement
Intérieur.

Il est un chariot
Qui
Transporte
Dignement
loyalement
Une énergie.
Un outil
Au service
des élans
De sa vie.

Il est
L’animal
De compagnie
De sa propre existence.
Un chien fidèle
et aussi
un félin
Qui soudainement
Change de chemin.
Parfois se cache
Parfois
Sans savoir
Pourquoi
court
Et puis bondit.

ll est

et sait
qu’il sera
naturellement
un beau jour
remisé
mis de côté.

En attendant
il continue
Méthodiquement
soigneusement
A
Suivre
une voix
qui
Ordonne
Ses pas
Et qu’il sert
Avec le dévouement
L’honneur
De celui
Qui accompagne
La plus grande des reines
Le plus prestigieux
des rois.

Et
lui
il y a dix ans
S’il le regardait
Maintenant
serait impressionné
De le voir
Chaque jour
s’activer
Continuer
Peu importe
au final
l’échec ou le succès.

Impressionné
Et aurait
aussi
A son égard
Une forme de pitié.

Pour avoir abandonné
Toute volonté de dominer
Il verrait dans cet homme
Au service
Un être
Sans personnalité.

Et en même temps
Quelque chose
l’appellerait.
L’appellerait.

Plus il l’observerait
Plus il voudrait
Quelque part
Lui ressembler.

Comme s’il pressentait
que derrière
Une forme
De renoncement
Pouvait
Se glisser
une puissance
Une force
Une liberté.

Comme s’il ne voulait
Devenir
Rien d’autre
Depuis le début
Que cet homme
Qui plantait des arbres
Chez Giono :
Elzéard Bouffier.

Il est
L’animal
De compagnie
De sa propre existence.
Un chien fidèle
et aussi
un félin
Qui soudainement
Change de chemin.
Parfois se cache
Parfois
Sans savoir
Pourquoi
court
Et puis bondit.

Et puis bondit.