Logo Flavie

Elle est partie
En famille
profiter des beaux jours,
Avant
En peu de temps
Dans cette chambre
M’a laissé TANT d’amour.
Quand j’avais 20 ans
je pensais
Que
systématiquement
Ca se passerait comme ça :
Des discussions
Des baisers
Des fous-rires
Sur les lèvres
Et le corps d’une nana.

Quinze ans plus tard
Presque fou
de constater
Qu’elle est
Presque la seule
Par sa présence
Son humour
Sa douceur
A me faire croire
véritablement
A ma beauté.

Des partages
Sans volonté
De dominer
D’emprisonner.
Des différences
Non-mises de côté
Que l’on cherche
Plutôt
A découvrir
A explorer.

A 20 ans
Je pensais
Que
systématiquement
Ca se passerait comme ça :
Des discussions
Des baisers
Des fous-rires
Sur les lèvres
Et le corps d’une nana.

Quinze ans plus tard
Presque fou
de constater
Qu’elle est
Presque la seule
Par sa présence
Son humour
Sa douceur
A me faire croire
véritablement
A ma beauté.

Je sais
Par mes choix de vie
le courage
à tenter d’exister
Que par la concrétisation
De mes envies,
Qu’une lumière jaillit
Assez
Souvent
Par l’extrémité de mes doigts.

Mais
Quand elle est là
mon éclat
est encore plus évident :
Car une princesse
Joueuse
Généreuse
Responsable
A décidé
Face à elle
D’adouber
Un Prince Charmant.

Alors
En la voyant partir
et moi continuer
A courir
Vers ailleurs
Car une petite voix
intérieure
Me dit
que je dois encore
continuer
à œuvrer
explorer
marcher
créer ;
quand une part
Propose
toujours
et encore
le mouvement
le départ,
j’espère
ne pas me tromper.

Car
elle est partie
En famille
profiter des beaux jours,
Mais avant
En peu de temps
Dans cette chambre
M’a laissé TANT d’amour.

TANT d’amour.

TANT d’amour.

Logo Flavie

Elle reprend
Possession
De son habitation
Ses lèvres
Sa peau
Et ses bras.

Elle reprend
possession
De tout
ce qui lui
Permet
de se joindre
A l’autre
Ici-bas. 

Partager
Sans la peur
Comme
Avant
De fusionner.
Echanger
Pour goûter à une unité
Qui n’est pas
Conformité
Et
abandon
de sa singularité.

Elle reprend
Possession
De son habitation
Ses lèvres
Sa peau
Et ses bras.

Et
son humour
Son sourire
Ses cuisses
Qui se contractent
Sur le rythme
De son coeur
En cadence
Qui bat.

Toujours
plus Fort
Et
sensuellement
En cadence
Qui bat

Elle reprend
Possession
De toute son habitation.
Elle a retrouvé
Ca y’est
Les clés
De sa vie
sa magie
son élan
ses envies.

Locataire
Et désormais
Pour un temps
Pleinement
Propriétaire… DE SOI

DE SOI

Logo Flavie

Sur son dos
Juste
Sa peau de bête
Dans sa grotte
Depuis ce soir
Il habite
L’après-histoire

Ses yeux
Redessinent
Des souvenirs
Un peu partout
Sur les parois.
Fresques
Il y a si peu
qu’il découvrait
Du bout
De ses doigts.
Dans sa grotte
Depuis ce soir
Il habite
L’après-histoire

Anciennement 
Trop mignon
Le voilà
Dans le noir
et l’attente
homme de Cro-Magnon. 
Sur son dos
A nouveau
Uniquement 
sa peau de bête.
Dans sa grotte
Depuis ce soir
Il habite
L’après-histoire

Prochainement
Il va 
se redresser
chasser ses doutes
Repartir
rechercher la biche
dans un sourire
il se dit : « le mammouth ». 
En attendant
Il repense
à la fluidité
quand il n’avait
qu’à se baisser
et cueillir
La douceur de ses baies.

Sur son dos
Uniquement
Sa peau de bête
Dans sa grotte
Depuis ce soir
Il habite
L’après-histoire

L’après-
histoire

Logo Flavie

Le diable se cache
Dans les détails
Toute l’épaisseur d’une vie aussi

80 ans
il se rappelle
maintenant
Bras ouverts
8 ans
Mimant un avion
Tout en descendant
Une rampe
En courant
et à la fin :
pour 
atterrir
sauter.

Il se revoit
Enfant
Missionné
Pour le marché
Et tout ramener
Malgré 
un budget serré. 
Il se souvient
De l’œil
Amusé
Des commerçants
De le voir
Si petit
Et en même
Temps
Si 
débrouillard
Si grand.
Dans son sac
Il rapportait
l’intégralité
De la liste
Avec
En plus
dans sa main
Une gourmandise
Qu’il avait pu 
S’offrir 
En négociant
En dégageant
Un 
surplus d’argent
Qui rendait
Tout le monde content
En premier lieu
Son sourire
Et son ventre.

80 ans
et 
tous ces petits détails
remontent 
à la surface
Comme si l’épaisseur
d’une vie
Etait
Constituée
De ces moments
Non glorifiés
sur l’instant
car seulement
passés
A flâner
A respirer
A gouter
A ressentir : 
La vie

La vie

Logo Flavie

Quand son ami
Lui demande :
« et
toi
il y a dix ans
si
tu te regardais
maintenant
De quoi
Tu serais
Le plus
Impressionné ? » 

Alors
Sans réfléchir
Sans chercher
Non plus
Il repense
A ces créations
Désormais
Qui doivent
Sortir
Et exister
Pour elles-mêmes.

A cette avancée
Permanente
Régulière
Comme une roue
Qui ne cherche pas
A rejoindre
A atteindre
Seulement
A accompagner
Chacune volonté
D’un mouvement
Intérieur.

Il est un chariot
Qui
Transporte
Dignement
loyalement
Une énergie.
Un outil
Au service
des élans
De sa vie.

Il est
L’animal
De compagnie
De sa propre existence.
Un chien fidèle
et aussi
un félin
Qui soudainement
Change de chemin.
Parfois se cache
Parfois
Sans savoir
Pourquoi
court
Et puis bondit.

ll est

et sait
qu’il sera
naturellement
un beau jour
remisé
mis de côté.

En attendant
il continue
Méthodiquement
soigneusement
A
Suivre
une voix
qui
Ordonne
Ses pas
Et qu’il sert
Avec le dévouement
L’honneur
De celui
Qui accompagne
La plus grande des reines
Le plus prestigieux
des rois.

Et
lui
il y a dix ans
S’il le regardait
Maintenant
serait impressionné
De le voir
Chaque jour
s’activer
Continuer
Peu importe
au final
l’échec ou le succès.

Impressionné
Et aurait
aussi
A son égard
Une forme de pitié.

Pour avoir abandonné
Toute volonté de dominer
Il verrait dans cet homme
Au service
Un être
Sans personnalité. 

Et en même temps
Quelque chose
l’appellerait.
L’appellerait.

Plus il l’observerait
Plus il voudrait
Quelque part
Lui ressembler.

Comme s’il pressentait
que derrière
Une forme
De renoncement
Pouvait
Se glisser
une puissance
Une force
Une liberté.

Comme s’il ne voulait
Devenir
Rien d’autre
Depuis le début
Que cet homme
Qui plantait des arbres
Chez Giono :
Elzéard Bouffier.

Il est
L’animal
De compagnie
De sa propre existence.
Un chien fidèle
et aussi
un félin
Qui soudainement
Change de chemin.
Parfois se cache
Parfois
Sans savoir
Pourquoi
court
Et puis bondit.