Logo Flavie

Son ami
Aime l’appeler
Pour l’écouter.
Pour l’entendre
Lui raconter
ce que voit
la liberté.

Il aime les grands espaces
et
pour son ami
les grands espaces :
c’est lui.
qui déboule dans la ville
comme un bison
dans la plaine.

Personne ne sait
s’il va tourner
à gauche
ou à droite.
Vous frôler ou
au loin
très vite s’éloigner.

Lui non plus…

Son ami
Aime l’appeler
Pour l’écouter.
Pour l’entendre
Lui raconter
ce que voit
la liberté.

Car dans un bureau
Dans une auto
Entre
Deux obligations
On ne voit pas assez.

Alors le soir
Il l’appelle
Comme on va au ciné.
Pour s’évader.

Pour dévaler
A travers sa voix
Ces grands espaces

Dont il a toujours rêvé.
Mais que
Depuis

quelques années
Il a dû délaisser

Pour une famille.
Des enfants.

Mais un jour
Il sait

qu’il va les retrouver.

En attendant
Pour ne pas les oublier

Pour un peu les fouler
Pour continuer dans son esprit
A en faire une priorité :
Il appelle son ami…

Et il l’écoute
lui raconter
ce que voit
la liberté.

Et comme rêver
C’est presque
Quasiment accomplir,
Car c’est ressentir,
Comme si toutes ces images de là-bas
Finalement étaient là.

Alors il l’écoute
Et il rêve
Et il accomplit presque

Il ressent.

Et un jour
C’est lui
Qui appellera
Son ami.

Qui lui dira
« Devine où je suis ? »

Et qui le fera rêver
En lui parlant de toute cette beauté

A laquelle soudain on a accès
Quand on se laisse enfin intuitivement
guider
par, sa liberté.

Logo Flavie

Robe noire. Cheveux courts.
Et elle danse,
Et il voit

en elle
Une icône des années 80.
Corynne Charby.

Jeanne Mas.
Une femme
sensuelle
et indépendante.
Aimante
et distante.

Et il la voit
danser,
Des petits pas,
Puis toujours finir
Par accélérer
Se lâcher

Et calligraphier dans les airs,
A l’aide de son corps,
Le langage de la vérité.

Et il regarde les femmes
se mouvoir à cette soirée.

Et il se demande toujours
où elles ont appris ça ?

A se rapprocher autant
d’Aphrodite
d’Athéna

à danser
aussi naturellement
que lui
marche dans les villes
en sac-à-dos.

Et il se demande ça,
Et il se demande ça.
Où elles ont appris ça ?

Logo Flavie

Tu me prends
pour un fou
Parce que je me mets
Quasiment
A genoux
Alors qu’on ne se connaît
Presque pas.
Tu me prends
pour un fou
parce que je te
Donne
Tout.
Mon âme
Mon corps entrevu
En miroir
Mais sais-tu
L’impatience
Quand depuis
Toutes ces années
On a tant à
Donner
Et personne
En face
Pour le
Recevoir.

Tu me prends pour
Un fou
Mais parce que
J’te prends

Pour une folle
Qui m’envoie
Ses dessins
Ses couleurs

Son Afrique
Sa sensualité
Ses formes
Sa vie

Sa rage
Son désir
De s’en sortir
Alors que
Tout
Semble contre nous

Tout.
Tout
Sauf toi
Car tu sais
Déjà
Que dans mes bras
Tu pourrais affronter
Le chaos
N’importe où.

Tout.
Tout
Sauf moi
Car je sais
Déjà

Que pour tes draps
Je devrais donner
De mon être
Plus
Que tout.

Tu me prends
pour un fou.
Mais tu souris.
La folie
C’est juste
Tout
Ce qu’il
Manque
Ici-bas.

Ici-bas.

Logo Flavie

Avant
Pour moi
Le temps était une flèche :
Le tourbillon des villes
Et non le calme de l’Ardèche.

Avant
Pour moi le temps

Etait une frise,
Et j’ai frisé
La correctionnelle
Quand j’ai vu
Que les années
N’élevaient pas vers le ciel.

Avant
Pout moi

le temps
était l’OTAN.
Un escadron d’avions
Qui volaient
dans ma tête.

Me rappelaient
de ne pas m’appesantir
dans le moment présent

On m’attendait ailleurs
dans peu de temps :

L’instant n’était jamais à la fête.

Avant
Pour moi
Le temps était un sablier.
Que j’ai fini par coucher
Pour me coucher
Sur le sable
de cette plage
Où j’allais chaque été.

Une plage
désormais
Où j’observe les maillots
où j’accueille les invitations

des oiseaux
Et la force, devant moi,

des rouleaux.

Le temps a désormais
le temps

De m’en faire perdre.
Donc de
m’en faire gagner.

La montre déconnectée
Je n’ai

jamais été
aussi connecté…

A moi…

Logo Flavie

Son père lui dit :
« Regarde si tu peux le
voir
Henri Plé ».
Il se dit, « bizarre,
Jamais entendu parler
De cet auteur
Et jamais
Entendu
Mon père
Se passionner
Autant
Pour un artiste.

« Henri Plé ? »
« Bah oui Henri Plé. »

Il cherche.
Puis soudain largement sourit.
En replay…
Il finit son assiette
le sourire aux lèvres.
Et se dit
Que c’est peut-être
Le cinéaste le plus visionné
De ces cinq dernières années :

Henri Plé.

Logo Flavie

A la radio
des gens
dissertent

sur la solitude
D’un écrivain,
alors qu’eux-mêmes
parfois

se demandent
quelle
est la pertinence
De participer à ces soirées
Où tout le monde fait semblant.

A la radio
des gens
S’extasient
de l’authenticité
D’un écrivain
alors qu’eux-mêmes
plus jeunes
ont hésité entre
un métier alimentaire
et aller
jusqu’au bout de leur rêves.

A la radio
des gens
Evoquent
un être
Comme s’il était
Extraordinaire
Alors que cela pourrait être
à tout moment
S’ils le voulaient
Une nouvelle
Version
D’eux.

A la radio
des gens cherchent à comprendre
Alors qu’à l’intérieur
D’eux

Depuis le début
leurs enfant
intérieur
Sait

Sait.

Logo Flavie

Nous sommes des équipes de jour
Des équipes de nuit.
Equipe de jour :
l’alimentaire.
Equipe de nuit :
l’imaginaire.

les rêves.
Pour l’équipe de jour,
Au programme,
L’acceptation,
Pour conserver santé
Et énergie

car aucune évasion
Pour l’heure
possible
du fait
des engagements.
Pour l’équipe de nuit,
La lutte

car la vie est un don
Magnifique.
Seul le moment présent

Compte
Mais si on peut remplacer
Son trou à rat,
Par une tente bédouine au milieu du désert,
Si on peut remplacer
des sourires à des squelettes,
Dans des open spaces
Où même les renards finissent
En burn-out,
Devant des hyènes qui ricanent
Et se partagent des trésors de pirate.
Si on peut transformer un quotidien
En hôpital psychiatrique
Pour des journées
dans la chaleur d’un chalet
Paisiblement attablé
A boire du thé
Et parfois tourner la tête
Vers les montagnes.

Si on peut
S’offrir
Un rêve
Quand la société nous demande
De rentrer dans un cimetière
Et de laisser
la porte ouverte
Derrière nous.

Si on peut…
Pourquoi se priver

Dans sa vie
De lumière.
Mais cela demande du temps
De la volonté
Du détachement
De l’énergie.

De choyer ses deux
Equipes.

Equipe de jour.
Et puis…
Equipe de nuit