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Elle est un cœur
Qui brandit
Un glaive
En mousse.

En plastique.
Elle ne veut blesser
Personne
Mais elle aimerait
Enfin
Qu’ils comprennent
La douleur
Pour elle,
De les voir
Constamment
Chercher à dominer
A ne pas s’améliorer.

Ne pas chercher à découvrir
A se découvrir
pour mieux la découvrir
Elle, ses habits
Ses émotions
Ses rêves.

Elle est un cœur
Qui brandit
Un glaive
En mousse.

En plastique.
Elle aimerait
Qu’ils comprennent

à l’aide d’un flambeau
Rallumer leur
Cœur
Eteint

Mais elle
S’épuise
Elle mouille trop
Sa chemise

car la mèche est trop courte.

Et pourtant elle a décidé
Qu’elle continuerait
Sans arrêt
De tenter
de les rallumer.

Il doit bien
il y a avoir
une façon
d’y

arriver.
une façon d’y arriver.

Elle est un cœur
Qui brandit
Un glaive
En mousse.

En plastique.

Même si ce soir
Il s’est passé un truc bizarre.
En face,

le même souci de fraternité.
Le cœur
avec le glaive en plastique
ce soir, n’a même pas

dégainé

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Sur une plage
Dans des bras
Sur une peau
Ailleurs…

Dans une idée
En randonnée
A visiter
Ailleurs…

Dans une musique
Dans une mystique
Dans un au-delà
scientifique
Ailleurs…

Mais pas
Là.
Dans les immeubles gris

Au milieu du monopole du bruit
Envahi par le gras.

Pas là…

Entouré par la banalité
Et le simple souci de se multiplier
sans s’élever.

Pas là…

Mais sur une plage
Dans des bras
Sur une peau.

Pas dans une cage
Sur ton rivage
Où tu t’élances
en permanence vers le beau.

Ailleurs…
Compte sur lui
Il y sera.

Et toi ?

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Il vend des valises
Comme si tout le monde
Avait envie de
partir.
Tout le monde
VEUT
partir.
Mais ceux qui rêvent d’avion,
Rêvent encore du réel,
Et pas d’acheter sa valise dans une ruelle.

Il vend des valises
Comme si tout le monde
Avait envie de

partir.
Tout le monde
VEUT
partir.
Mais ceux qui rêvent d’évasion
ne rêvent plus d’avion,
Mais d’un corps, d’un sourire,
de deux yeux.

Il vend des valises
Comme si tout le monde
Avait envie de

partir.
Tout le monde
VA
partir.
Mais dans un cercueil, sur
un cheval,
Sur une planche à voile,
Dans un livre,
Dans une salle de cinéma,
Mais
sans valise.
Sans valise.

Il marche devant sa boutique,
Se mouche, en attendant ses clients.

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Un anneau
Dans le nez d’une femme
Est à double tranchant.
Soit, son visage épais
Vous évoquera l’animal
Le ruminant
Soit, son visage pur
Vous évoquera tout ce qu’
Il y a
D’indomptable
Chez elle.
La beauté qu’on ne met pas
Dans une cage
Dans un bocal.
Qu’on ne privatise
Pas
Que pour soi.
Son anneau à elle
Me rappelle ça
Car ses cheveux sont blonds
Ses traits ont la douceur
De la femme
Qui se penche sur les
Hommes
Pour les redresser.
Et ses yeux
Fixent
Au loin
Les rêves
L’horizon
Qui renaissent
Différemment
Chaque jour
En elle.

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Comme un lion
le soir
au Zoo.
Seul.
Comme un marin
A deux heures du matin
Montant dans son bateau.
Seul.
Comme un écrivain
A la bougie
Cherchant le dernier mot.
Seul.
Comme un mouton
Intrigué par un soleil
S’extirpant d’un troupeau.
Seul.

Mais
Sauvage.
Comme l’océan
Débarquant
Sur une plage.
Comme un loup
Déterminé
Qui traverse à la nage.
Comme une danseuse
Sensuelle, qui transforme en parquet
Le carrelage.

Seul
Mais sauvage.

Sauvage.

Car se rapprocher d’eux
Eloigne de soi.
Car le majestueux,
dans le trop fade,

à la lisière
aussi
Doit se trouver par là.

Seul.
Mais sauvage.

Sauvage. Sauvage.

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Une coiffeuse
Un chef cuisinier
Deux traducteurs
Un amoureux du sport
Une amoureuse du cinéma :
pas d’intellectuel
Pas de volonté de
Convaincre
Juste de plaisanter
De partager

d’écouter
de s’aimer.

Le soir
Tout le monde
Est parti
Et il remercie son père
Pour cette réunion
Préparée.
Il est
la générosité incarnée
l’humilité de donner
et comme si c’était contagieux

eux
étaient tous

comme lui
ce repas de midi.

Comme si
Les valeurs du passé
Pouvaient être encore
Sauvegardées
Par des jeunes
Prêts à relever le flambeau

Qu’on allumait
dans la cuisine

et que les anciens tendaient
autour d’une paella
d’un gâteau.

Dans ces fêtes
Où le meilleur de l’homme se partageait
Et s’inscrivait dans la peau.
Oui, dans le gras.

On n’en prend pas qu’un peu
On se ressert deux fois.
Double ration pour l’estomac
Mais aussi pour le cœur.
Certains soirs, en partant,
On se sent ambassadeur
De toute la générosité qu’ils nous lèguent
De leur vivant
Comme un héritage.
A l’heure du dessert

et du fromage.

Il salue son père
Et part sous la pluie

direction son domicile.

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Sur le quai
Cheveux blancs
60 ans
Ils s’embrassent fougueusement.
Putain
C’est sacrément beau
l’amour.

Il les regarde
En se demandant
S’il vivra
si vieux.
S’il sera un jour
réciproquement
si amoureux ?

En tout cas
en les regardant
s’embrasser
il observe
son corps s’embraser
en rêvant
à ça :

un quai
un sourire
une bouche
un sourire
une bouche
un sourire
une bouche