POLAROID DE MOTS

Poésie

Capture d’écran 2020-05-11 à 05.11.13

THE CHEF IN A TRUCK

François Perret
2 assistants
dans un camion
2 assistants
aussi
A la maison
qui l’aident
chaque jour
à se réinventer
et devant lui
la nuit
une institution
la grandeur avec des yeux
la journée
La noblesse
incarnée
Dans un lieu :
Des sommets
Pour ne rien confier
Au hasard
Sauf le bonheur
D’observer
Chaque fois
Du ravissement
Dans un regard.

C’est d’ailleurs
Pour ça
La pâtisserie :
Revoir
Même chez le vieillard
L’émerveillement
reconnaissant
Du tout petit
Dans le visuel et le contenu
D’un gâteau
Qui télétransporte
Comme devant un sapin
de Noël
et une pile de cadeaux.

Du bonheur
A la carte
Qu’il sait quotidiennement
répéter
comme
une madeleine
de Proust
réinventée
où l’enchantement
se joue
pour nos papilles
au gramme près.

Oui,
le pouvoir
d’offrir
autant de bonheur
aux gens
relève de la magie.
Et le magicien
Sait
Qu’avant d’offrir
Tant de naturel
D’éclat
Et de splendeur
Un beau jour
D’où il est parti.

Un beau jour
D’où il est parti.

D’où il est parti.

François Perret…
Le bonheur…
au
gramme près


RENE FALLET

Avec René Fallet
La médiocrité ne gagne jamais.
Toutes les statues sont
Déboulonnées
On vit au présent et pas au passé.
Et pour se donner du courage
On trouve des exemples, du divin,
Dans la droiture d’un cœur
Ou la cambrure d’un dos.

Pas besoin de « Grands Hommes »
De grandes épopées,
Le silence d’un café,
D’une marche à pieds
Pendant que roulent
Même sur nos esprits
Les autos,
Ça fout
Immédiatement
Dans la tronche
le vertige
de la simplicité
et du calme
où toute l’éternité
qui sommeille
dans chacun d’entre nous
peut
peu à peu
se révéler,
jusqu’à
offrir
dans le ciel
de la routine
des feux d’artifice
de baisers
de mots
et de regards,
avec juste
à la base
des étincelles
d’amitié
et d’amour.

René Fallet
C’est les mots
qui se suivent
Comme des silex qui se frottent.
Comme des corps qui se touchent.
Comme des esprits
qui aiment se chercher
pour toujours mieux se trouver.

René Fallet
c’est des cafés
comme des églises.
Des amitiés
comme des amours
Et des amours
comme des fleuves qui coulent
vers la mer.

vers l’infini.

Etre soi
Et se mélanger à tout.

Etre 2, 5, 10, 30
et en même temps
plus qu’un.

et en même temps
plus qu’un.

C’est tout ça…
René Fallet…


DEUX JAMBES SE BALANCENT

Deux jambes se balancent
Je ne vois pas son visage.
Je la dévisage des jambes
Je tombe dans le fossé à chaque virage.

Deux jambes se balancent
Mon cœur fait balançoire.
Un verre, qu’est-ce que t’en penses ?
Non chéri pas ce soir.

Deux jambes se balancent
Dans un train de banlieue.
Tous les jours ça recommence
Mais ce matin en mieux.

Deux jambes se balancent
Je vois enfin son visage.
Pas forcément une récompense
J’aurais dû profiter, de la beauté des paysages…


LE JONGLEUR

La vie
D’un jongleur
Qui apprend
A jongler
Avec deux quilles
Puis trois
Puis quatre
Puis cinq…

On apprend
A jongler
Entre l’école
Et les parents.
Puis on nous rajoute
L’amour.
La sexualité.
Les concours.

Puis le travail.
Les enfants.
La maladie.
La mort.

Serai-je
Un bon jongleur ?
Comprendrai-je
Que la sagesse
N’est pas de se
Plaindre
Des quilles supplémentaires
Qui tombent du
Ciel
Mais de
Sans cesse
Se réinventer
Pour apprendre
A manipuler
Une à une
Chaque
Quille
Supplémentaire
Et donner
L’illusion
A ceux qui me regardent
Que cette fluidité
Est naturelle ?


HENRI PLE

Son père lui dit :
« Regarde si tu peux le
voir
Henri Plé ».
Il se dit, « bizarre,
Jamais entendu parler
De cet auteur
Et jamais
Entendu
Mon père
Se passionner
Autant
Pour un artiste.

« Henri Plé ? »
« Bah oui Henri Plé. »

Il cherche.
Puis soudain largement sourit.
En replay…
Il finit son assiette
le sourire aux lèvres.
Et se dit
Que c’est peut-être
Le cinéaste le plus visionné
De ces cinq dernières années :

Henri Plé !


EQUIPE DE JOUR, EQUIPE DE NUIT

Nous sommes des équipes de jour
Des équipes de nuit.
Equipe de jour :
l’alimentaire.
Equipe de nuit :
l’imaginaire.
les rêves.
Pour l’équipe de jour,
Au programme,
L’acceptation,
Pour conserver santé
Et énergie
car aucune évasion
Pour l’heure
possible
du fait
des engagements.
Pour l’équipe de nuit,
La lutte
car la vie est un don
Magnifique.
Seul le moment présent
Compte
Mais si on peut remplacer
Son trou à rat,
Par une tente bédouine au milieu du désert,
Si on peut remplacer
des sourires à des squelettes,
Dans des open spaces
Où même les renards finissent
En burn-out,
Devant des hyènes qui ricanent
Et se partagent des trésors de pirate.
Si on peut transformer un quotidien
En hôpital psychiatrique
Pour des journées
dans la chaleur d’un chalet
Paisiblement attablé
A boire du thé
Et parfois tourner la tête
Vers les montagnes.

Si on peut
S’offrir
Un rêve
Quand la société nous demande
De rentrer dans un cimetière
Et de laisser
la porte ouverte
Derrière nous.

Si on peut…
Pourquoi se priver
Dans sa vie
De lumière.
Mais cela demande du temps
De la volonté
Du détachement
De l’énergie.

De choyer ses deux
Equipes.
Equipe de jour.
Et puis :
Equipe de nuit.


SEMÉ D’EMBAUCHES

Elle pose son plateau
Cherche
dans son sac
sort son ordinateur
recherche dans son sac
Reprend son café
Prend un classeur
Prend une feuille dans
ce classeur
Reprend son café
Puis se lève puis
Revient.
Se met à taper sur le clavier de son ordinateur.
Prend son café,
le repose.
Se remet à taper sur le clavier de son ordinateur.

Assis,
à la table d’à côté,
il l’observe.
Une minute qu’elle vient
d’arriver,
et elle a déjà fait plus de gestes
que
lui,
en une heure
dans ce café.

Il l’observe.
Son visage est impassible.
Le modèle
Economique
A transformé
Tout le monde
En tornade de stress
Et plus personne
Ne se
rend compte
de rien.

Une fille arrive à sa hauteur.
Elle vient pour un entretien.
La femme la salue
Et lui explique le déroulé de l’entretien
avec un débit de paroles
qui avec l’expérience
vous fait dire
de partir
avant de travailler
avec une telle personne
qui a dû voir ses enfants
la dernière fois à 3 ans
et maintenant
ils en ont 12.

Elle lui demande de se présenter.
L’homme à la table d’à côté
Les écoute
et sourit.
La candidate a fait la même école que lui.
La même filière.
Là elle est diplômée
Et postule pour son premier CDI
En cabinet de conseil.

Il a envie de dire à cette fille
Férue d’art
De partir en courant
De ne pas rentrer
Dans cette machine
Qui vous mange
Vous digère
Puis vous recrache
Avec des cheveux
Blancs
Des cernes
Du gras sur le bide
Alors qu’à votre arrivée
Vous étiez beaux
Dynamiques
Optimistes
Rayonnants.

Elle rayonne
De
confiance.
Dit que la charge
De travail
Ne lui fait pas peur.
La femme lui dit
Qu’il faut souvent
Faire sa mission
Et des appels
D’offre en même temps.
Deux journées en une,
en quelque sorte,
Cela ne l’effraie
Pas.
elle parle de diversité
Des tâches.
De grande capacité
De travail.

La femme lui demande
de lui parler
de ses stages.
Quelles avaient été les
« KPI » ?
(Les indicateurs clés de performances) ?
Sur quelle réussite
avait-elle
Concrètement pesé ?

Dans le même temps,
derrière eux,
un homme en costume,
commence à saluer des gens
en anglais
au téléphone.
Il organise une conférence téléphonique
au milieu de ce café.
« Hi Tom ! Hi Suzanne ! Hey,
I’ve got good news
for you, John ! ».

Elles continuent,
De leur côté,
l’entretien, imperturbables.
La candidate explique son intérêt
pour le conseil.
Elle a envie
d’apprendre
à son âge.
D’avoir une « culture business »
plus large.
Là, il se dit
qu’elle marque des points.
« Avoir une culture business
Plus large ».
Même lui qui sait que c’est du vent
Après avoir passé tant d’années
Au milieu des éoliennes
Il se laisserait presque tenté
Par une mission
En sa compagnie, elle,
Ambitieuse,
Plus attirée par l’analytique
que l’opérationnel
désormais
et qui sait coordonner
de nombreux acteurs
de divers horizons
autour d’un même projet.

L’entretien se termine
par la résolution
d’un cas pratique.
Derrière,
John,
Prend connaissance
De toujours
Plus
De bonnes nouvelles.

Au milieu de toutes
ces discussions,
Lui sent qu’il est
à la fois,
La jeune pleine d’espoir,
La senior rongée
Par les années de travail,
L’homme
Qui parle
En anglais
qui assure dans sa mission,
et la personne qui fuit
cette réalité
qu’on nous cesse
de nous
proposer
et qui en fait
ne veut plus rien dire.

L’entretien se finit.
La femme se lève.
La candidate se lève.
Elles partent ensemble
Et il ne peut s’empêcher
De voir
une vierge
qui va se donner à un homme
sans sensibilité
qui l’utilisera
qui la jettera
en lui ayant dit
juste avant :
« je t’aime »

Elles disparaissent dans l’escalier.
Il regarde l’heure.
Dix minutes avant qu’il ne parte à son tour.
Derrière,
la conférence téléphonique se poursuit.


FAIRE EXPLOSER DE RIRE LES GORILLES ET LES LIONS

Elle est
drôle
à faire
exploser
de rire
les lions
et les gorilles.

Elle est
douce
à faire
taire les loups
qui observent
et
réfléchissent
à ce qui est
en train
de se passer
sur leur peau.

Elle éloigne
elle serre
elle blottit
elle rejette
elle attire
elle repousse.

ne pas être
bloquée
sur son chemin
mais
rester ouverte
à se laisser
guider
vers un autre
potentiellement
plus beau.

Alors elle observe
elle attire
la proximité
mais toujours
la distance.

Pour conserver
la chance
de pas être bloquée
piégée
mais toujours
avancer :
et faire exploser
de rire
les gorilles
et les lions.

et
poser sa main
avec
attention
sur la fourrure
des loups.


PRINCE SANS ROYAUME

Il envoie
Un message
Par téléphone
A celui
Qui lui a donné
L’envie d’écrire.

Il est pour l’heure
Anonyme.
Il blanchit ses nuits
En noircissant des
Pages
Sans retour
Pour l’instant.

Quand il sent
La frustration
Lui noircir
La vision
Il repense
A ce jour
Où celui
Qui lui a donné
L’envie
D’écrire
L’a appelé.
Où celui
Qui lui a donné
L’envie
D’écrire
Lui a proposé de se rencontrer.

Cela n’a pas changé
Réellement son
Quotidien.
Le matin, il prend
Le même métro.
La journée,
Il la perd en
Effectuant le même
Travail.

Rien n’a
Réellement changé.
Pourtant, avec lucidité,
De constater que
Celui qui le faisait
Rêver sur papier
Est maintenant
La réalité d’un
Numéro dans son
Répertoire
Il sait que les choses
Changent.
Lentement
Mais elles
Changent.

Alors le soir,
A nouveau
Il blanchit ses nuits
En noircissant des
Pages.
Il passe tout son
Temps libre dans son
Esprit.
Le papier sur
Lequel il
S’étend
Est sa plage.

Et quand il sent
L’amertume
Lui noircir la vision
– Il n’existe pas pour
Le moment pour
La plupart des
Femmes, l’âme étalée
Sur ses livres
Ne touche que
De rares personnes –
Mais celui qui
Lui a donné
L’envie d’écrire
L’a un jour
Appelé.
L’a rencontré.
Lui a dit de
Ne pas arrêter.

Alors il n’arrête
Pas.
Et lui envoie
Parfois
Un message.
Lui souhaite
La nouvelle
Année.
Pour transformer
Son chemin de croix
Sa traversée du désert
En le prolongement d’un rêve
Un beau jour
Initié.
Nous sommes des embarcations
Au milieu de rien.
Nous sommes des silhouettes
Marchant depuis des siècles
Vers un royaume qui n’a
Peut-être
Finalement
Jamais existé.
Mais la beauté absente
N’est plus en priorité
A trouver
Mais à offrir.
Alors le voyageur seul
Se souvient
De ce qu’il pensait
Découvrir.
De ce qu’il pensait
Accomplir et
Rejoindre.
Et les jambes marchent
Comme si elles n’avaient jamais marché.
Et l’horizon se dévoile
Comme si les portes ne se fermaient pas.
Comme si les murs protégeaient
Sans
Séparer les hommes.
Et il marche
Comme s’il n’avait jamais marché
Et il espère
Comme si la vie n’apprenait pas
La beauté d’être seul.

Et en le voyant
Se déplacer
Dans le sable,
Les yeux,
Assis,
Réalisent que le repos
Est devenu l’inertie.
Ils se relèvent alors
Et repartent.

Vers un royaume
Qui
Peut-être
N’existe pas.
Qui
Peut-être
N’a jamais existé.

Mais ils
Savent que
Pour distinguer
L’oasis du
Mirage
La solution est
De continuer à s’approcher.
La vérité ne nous
Parvient pas
Par l’oreille
Mais toujours par les yeux.

Alors ils marchent
Et ne se demandent plus
Si ce royaume existe
Mais s’ils trouveront
Demain encore
La force de marcher
Pour inciter les autres
A les suivre.

Etre cette lumière
Qui guide
Qui rassure.

Qui incite encore à lever la tête.


ANNEAU DANS LE NEZ

Un anneau
Dans le nez d’une femme
Est à double tranchant.
Soit, son visage épais
Vous évoquera l’animal
Le ruminant
Soit, son visage pur
Vous évoquera tout ce qu’
Il y a
D’indomptable
Chez elle.
La beauté qu’on ne met pas
Dans une cage
Dans un bocal.
Qu’on ne privatise
Pas
Que pour soi.
Son anneau à elle
Me rappelle ça
Car ses cheveux sont blonds
Ses traits ont la douceur
De la femme
Qui se penche sur les
Hommes
Pour les redresser.
Et ses yeux
Fixent
Au loin
Les rêves
L’horizon
Qui renaissent
Différemment
Chaque jour
En elle.


SAUT DANS LE VIDE

il quitte
tout.
un peu
comme
on saute
dans le vide
en parachute.
sans bien connaître
la solidité
du parachute.

c’est vrai
mais
quand juste avant de sauter
il se retourne :
il ne regrette pas
le monde
dans son dos.
aucune voix,
aucun visage
ne le retient.
la seule chose
qui
le retient
et qu’il écoute
avec gravité
est le chuchotement
qui émane
de l’intérieur de lui.
et cette voix lui dit :
tu n’as rien
à
regretter.
cette société,
cet ancien système
engendre
majoritairement
de la souffrance
à détruire
notre connexion
à l’autre,
à notre âme
à l’environnement.

alors
il a sauté
et maintenant
qu’il s’est jeté
la chute lui paraît
moins rapide
et
le parachute
plus solide
qu’il
ne le pressentait.
une mère prête à accueillir.
Certains amis
qui remercient
pour la fraternité,
l’écoute,
le sourire.
Un ami
de Granville
qui lui
insuffle
des outils exceptionnels,
une humanité, une gentillesse,
un humour.
Et le sol sur lequel
il risque de s’écraser
existe-t-il vraiment ?

Les peurs
apparaissent
Uniquement
dans son esprit
quand les filles
qui rassurent
ne sont pas celles qui caressent.
Et que celles qui caressent
et illuminent,
le font,
sans comprendre
vraiment
le don de cette âme
face à elles.

Quelle joie serait
d’être accompagné
de l’intelligence, de la force,
de l’émotivité, de la sensualité
incarnée dans une même femme.

Peut-être
apparaitra-t-elle.
Certainement que les sensuelles
Actuelles
Invitent à un lâcher-prise
nécessaire.

Tout n’est pas équilibré.
Mais il sait qu’au bout
d’un chemin
qui lui plait
l’attend
forcément
une leçon.

Une part
En lui
Qui souhaitait
S’exprimer.
Enfin
Diriger.

A lui
d’inviter
toutes ses parts en randonnée,
Dans la sérénité,
pour qu’ ils marchent,
Chaque jour,
de 6heures à 23h :
Ensemble.
Ensemble.

Il saute dans le vide
mais le parachute
ne s’ouvre
pas
car il ne
l’actionne pas.
le vide
en fait
remplit
attire
Quand tout en bas
Il y a soi.

Quand tout
en bas
Il y a soi.

Il ferme son ordinateur.
Le glisse dans son sac
à dos.
Et repart
marcher dans les rues
de Paris.


SAUVAGE

Comme un lion
le soir
au Zoo.
Seul.
Comme un marin
A deux heures du matin
Montant dans son bateau.
Seul.
Comme un écrivain
A la bougie
Cherchant le dernier mot.
Seul.
Comme un mouton
Intrigué par un soleil
S’extirpant d’un troupeau.
Seul.

Mais
Sauvage.
Comme l’océan
Débarquant
Sur une plage.
Comme un loup
Déterminé
Qui traverse à la nage.
Comme une danseuse
Sensuelle, qui transforme en parquet
Le carrelage.

Seul
Mais sauvage.

Sauvage.

Car se rapprocher d’eux
Eloigne de soi.
Car le majestueux,
dans le trop fade,
à la lisière
aussi
Doit se trouver par là.

Seul.
Mais sauvage.

Sauvage.


PARC ET…

Parqué
par la société
Il quitte
En tenue
Un parquet
Pour un parc : et
Soudain
Les élans
ne sont
plus
Brusquement
Interrompus.
La nature
Offre
Un espace
Pour déployer
une foulée
Tout en déroulant
Dans le même temps
Un
peu plus haut
Des idées.
Se répandre
Se grandir
Enfin : Totalement.

Rendre
Toute
Cette énergie :
Faire le vide.
Qui permettra
La tranquillité
De la statue
Dans l’ampleur
De la stature.
Une présence
Vivifiante
Mais pour l’autre
Jamais
Oppressante
Limitante.
Au
contraire
Elle l’encouragera
Egalement
A son tour
A totalement
Se déployer.
A
Se dérouler
Dans un espace
De partage
Dans laquelle
Elle se sent
Si confortablement
Invitée.

Et deux âmes
Au final
Se
Libèrent
Car la nature
A offert
Ce qui manque
Le plus souvent
aux humains :
Un espace
Total d’expression
Pour le corps
La conscience,
L’envergure
Sans limite
D’un terrain.

Parqué
par la société
Il quitte
En tenue
Un parquet
Pour un parc : et
Soudain…

Soudain…

Soudain…


EDMOND

Après avoir vu aujourd’hui Edmond
Je veux qu’à partir du jour de demain
N’existe dans ton esprit qu’un prénom
De tout son long qui te parvient : Sylvain.

Je ne veux que tu n’envisages
Pour tes yeux
Qu’un visage,
Pour tes fantasmes
Qu’un rivage.
Aligner mes plus belles lignes
Pour que tu déposes
Tes plus belles courbes.
Etre soi
Sur la soie
Ca, tu le sais
C’est pratiquement tout nous.
C’est quasiment tout nu.

Et je vise le haut
En fait
Pour mieux viser tes bas.

Et je vise le haut
En fait
Pour mieux viser tes bas.

Tes jambes
Qui ose encore
se montrer, à la hauteur,
de les escalader ?
Les hommes abandonnent
Eve reste.
Face à la pente,
Un stylo pour monter,
Moi,
je serai Benjamin Piolet.
Benjamin
Piolet.

Les sommets
Comme obsession.
Même si amateur
pour
l’heure
Est mon statut
Dans la compétition.

Mais j’ai réglé
La condition physique.
Mais meilleure météo
Tout la haut
Tu as arrangé
Ta condition psychique.

Nous sommes prêts
pour la grande réalisation.
Pour effectuer notre mission
En se rejoignant
A la moindre occasion.

Tu sais
que je veux
Une Louve
le Louvre
Une bouche qui s’ouvre
des jambes qui s’écartent
Puis des rideaux qui se ferment.

Tu sais
que je veux
Une Louve
le Louvre
Une bouche qui s’ouvre
des jambes qui s’écartent
Puis des rideaux qui se ferment.

Puis des rideaux qui se ferment.


LES TATOUAGES SOUS LA PEAU

Rupture
Déception
Paillasson
pour leurs pieds :
Il a ses tatouages sous la peau.

Envie
Elan
Candeur
Mais leur frustration
Et leurs visages fermés :
Il a ses tatouages sous la peau.

Enfant
Souriant
Optimiste
Mais le consumérisme
L’individualisme
L’absence de compréhension :
Il a ses tatouages sous la peau.

Sa peau est blanche.
Semblable à celle
De ses premiers jours.
Intacte, comme le reflet
De l’authenticité
De son âme.
Mais en-dessous, il y a
Tout ce que la vie
Les expériences
Ont
Marqué
Et qui ne s’efface pas.

Vous le verriez,
Vous le prendriez
Pour un homme niais
Tendre.
Il n’exhibe pas
Les rencontres incendie
Les déceptions qui découpent
Les phrases et
Les visages
Qui restructurent.

Il tait
Tout ce qui fait crier.
Il garde
Ce qu’on exhibe
Pour recevoir de l’empathie.

Lui :
Il a
Ses tatouages
Sous la peau.


SOUPE AUX CHOUX

Il met la 3
Ce film
Que dix ans
auparavant
il aurait dit
c’est pour les beaufs
les gens qui n’ont besoin
que de peu
pour rire.

Aujourd’hui
dix ans ont passé
et il comprend
qu’il ne leur en faut pas
peu
pour rire,
il leur en faut
peu pour vivre :
mais l’essentiel.
Partager avec un ami.
Se remémorer l’amour
avec pudeur et nostalgie.

Devant la télé,
les scènes se succèdent
des personnages avec du cœur.
Qui ne cherchent pas à briller plus que les autres
Qui ne cherchent pas à dominer.
Qui cherchent juste
A être avec.
A coexister
Entre humain
Au milieu d’un jardin
Et même comme la forme se présente
avec au-delà de la Terre.

Ensuite,
La beauté apparaît
Comme la foudre
Comme un volcan
Comme un glissement
de terrain
Qui emporte
L’harmonie de la vie
car on aimerait
Posséder
Ces yeux trop bleus
Ces seins trop gros
Qu’on ne saurait accepter
de les voir
au quotidien
Dans les yeux
D’un autre.
Nécessité d’apprendre
Le détachement.
Et c’est exactement
Ce qu’il se passe.
Il la laisse
Partir
Au bras d’un autre.
Loin de lui
En lui disant :
« Ce n’est pas
Parce que tu me connais
Que tu connais les hommes. »

Et il retourne
Avec ses amis :
« le canon
c’est pas que du pinard,
c’est de l’amitié. »
Et ils s’en vont
Loin d’une société
Dénaturée par l’argent.
Acheter
Regarder
Consommer
Mais ne plus partager
Cultiver
Ni comprendre.

Ils s’en vont
Avec deux maisons
Et un bout de jardin.

Sa télé s’éteint.
Et il se dit
Que prôner
La fraternité
La sobriété
Le détachement
Est la marque des grands.
Des résistants.
Qu’il prenait
Autrefois
pour des beaufs.

Mais ce n’est pas
Parce qu’il connaissait
Un peu les hommes
– notamment ses parents –
Qu’il connaissait les hommes.
Il pensait que la bienveillance
La simplicité
Etait une banalité
Qu’on ne pourrait jamais nous ôter.

Mais on nous a tout repris
aujourd’hui
Et face à ce mouvement de repli
Il est devant sa télé arrêtée
comme exsangue.
D’avoir vu autant de beauté
Et de savoir que dehors
Niveau cœur
C’est la mort assurée.

« Si on ne peut plus péter
sous les étoiles
sans faire tomber un martien,
Il va nous en arriver des pleines brouettes. »

Il rêve qu’il en arrive
Au moins un.
Ou une.
Loin d’ici
Pour l’emmener avec lui.
En attendant
Il se rappelle
Un visage d’ange
Deux visages de frère
Et un cœur de martien.


SOURIRE BOUCHE

Sur le quai
Cheveux blancs
60 ans
Ils s’embrassent fougueusement.
Putain
C’est sacrément beau
l’amour.

Il les regarde
En se demandant
S’il vivra
si vieux.
S’il sera un jour
réciproquement
Si amoureux ?

En tout cas
en les regardant
s’embrasser
il observe
son corps s’embrasser
en rêvant
à ça : 

Un quai
un sourire
une bouche

un sourire
une bouche

une sourire
une bouche


LES ETRES HUMAINS SONT DES DESTINATIONS

Les êtres humains
Sont
des
destinations.
Et il se demande

Quelle sera
La prochaine plage
La prochaine
place
De village
Le prochain visage
Le prochain corps
Comme un aéroport
Qui le fera décoller
Et embarquer
Pour un moment
d’évasion
De nouvelles
sensations
De contemplation
de découvertes inattendues.
Comme un sourire
Une discussion profonde
Une main
douce
Ou la beauté
d’un cul.

Ses voyages
Se font ainsi
Toujours
en fonction

Les êtres humains
Sont
des
destinations.

Des destinations


LUCHINI ET MOI

A l’ombre
Des mots
Apparait le silence
dirait
Christiane Singer.
Des silences
Qui nous relient
A l’intérieur
De nous
A l’extérieur
De soi.
Après une voix
Réconfortante
Stimulante
Jaillit
en nous
une conscience
Qui nous reconnecte
A là où
nous étions
la dernière fois
Où nous nous sommes dit
Je vis
Je vois
Je vais aller par là
Et faire
Ca seul
Et aussi avec toi.

A l’ombre
Des mots
Il y a la paix
D’enfin se questionner
Avec sincérité
Pour ensuite agir
Avec force
Joie
Courage
Et humilité.

A l’ombre
Des mots
Il y a cette clarté
Que nous souhaitons
Honorer.
La redécouverte de cette
Chance
De pouvoir ressentir
Accueillir
Aussi contribuer
Et donner.

A l’ombre
Des mots
Il y a la source riginelle
De celle
Qui étanche
Les soifs
De celle
Qui offre l’appui
Pour décoller
vers le ciel.

A l’ombre
Des mots
Il y a une sincérité
Un souffle
Une émotion
Semblable
A celle
Qui vous
Habite
Devant
« Luchini et moi »
D’Olivier Sauton.

A l’ombre
Des mots
Il y a de l’infini
De l’intemporel.
Les sons
Contre la peau
Font jaillir
Et flamber
L’étincelle.

Et tout redevient
limpide
En soi
Et à l’extérieur.
La vie
Redevient
Alors un fruit
et non plus une liqueur.

Où ça ?

A l’ombre des mots…

A l’ombre des mots…


QUITTER LA GRAVITE DE LA TERRE

Une fusée
Veut s’
élancer
Mais le rythme
Ordinaire
L’empêche de
Quitter
La gravité
De la Terre.
Les cafetières,
Leurs discussions
Les informations
Les
Réunions
Tout ce qui maintient
Près
De la banalité
Loin des chemins
Vers la mer
Vers
nos envies
Vers
Les sourires
Vers nos rêves.

Une fusée
Veut s’
élancer
Mais le rythme
Ordinaire
L’empêche de
Quitter
La gravité
De la Terre.
Elle va
Devoir
accélérer
Pour s’arracher
A la
sombre
attraction
de
ceux
qui veulent
rester
au sol
mais pas seuls
avec
tristesse, rancune et
déception.

Une fusée
Veut s’
élancer
Mais le rythme
Ordinaire
L’empêche de
Quitter
La gravité
De la Terre.
Elle va
Devoir
désormais
accélérer
et
s’isoler
Avec
Des passionnés
Pour
L’aider
A préparer
Le lancement.

La fusée
Va-t-elle exploser ?
Sinon
rouiller
Si le lancement
Est
Toujours
retardé ?

Les questions
Se bousculent
Mais
Son choix
est
Fait.
Elle veut
Quitter
la gravité
De la Terre.

Etre une lumière
Au loin
Qui s’en va.
Et qui l’attraction
Quittée
La gravité
Quittée
Peut choisir
d’accélérer
ou
de décélérer
de toute façon
elle
ne fera
que continuer
à progresser
dans sa
propre
atmosphère ;

et parfois
contemplera
par ses deux
hublots
la beauté de la Terre :

Qui
Chaque matin
Se lève.

Qui
Chaque matin
Se couche.

Avec cette vie
Cette simplicité
Cette magnificence
Cette douceur.

Une fusée veut quitter
La gravité de la Terre.


LA MAISON DE MES REVES

La maison de mes rêves
est ouverte
vers la forêt
vers les cieux.

La maison de mes rêves
me protège
me réconforte
m’apaise
me sécurise
pour mieux
à nouveau
oser
explorer
m’aventurer
et pratiquement me perdre.

La maison de mes rêves
est comme ma mère
mon père
une présence
qui a confiance en moi
Qui m’héberge sous son toit
et qui me dit
« Tu as le droit »

La maison de mes rêves
n’a pas un cœur de pierre
au contraire de ses murs
Dans ses couloirs
l’air est pur
Sur son sol
Se multiplient mes pas.

Dans la maison de mes rêves…

Dans la maison de mes rêves…

De mes rêves


AMBASSADEURS

Une coiffeuse
Un chef cuisinier
Deux traducteurs
Un amoureux du sport
Une amoureuse du cinéma :
pas d’intellectuel
Pas de volonté de
Convaincre
Juste de plaisanter
De partager
d’écouter
de s’aimer.

Le soir
Tout le monde
Est parti
Et il remercie son père
Pour cette réunion
Préparée.
Il est
la générosité incarnée
l’humilité de donner
et comme si c’était contagieux
eux
étaient tous
comme lui
ce repas de midi.

Comme si
Les valeurs du passé
Pouvaient être encore
Sauvegardées
Par des jeunes
Prêts à relever le flambeau
Qu’on allumait
dans la cuisine
et que les anciens tendaient
autour d’une paella
d’un gâteau.

Dans ces fêtes
Où le meilleur de l’homme se partageait
Et s’inscrivait dans la peau.
Oui, dans le gras.
On n’en prend pas qu’un peu
On se ressert deux fois.
Double ration pour l’estomac
Mais aussi pour le cœur.
Certains soirs, en partant,
On se sent ambassadeur
De toute la générosité qu’ils nous lèguent
De leur vivant
Comme un héritage.
A l’heure du dessert
et du fromage.

Il salue son père
Et part sous la pluie
direction son domicile


CLAUDINE

Des milliers d’hommes
dans une baie
pour
un monument.

Une femme de 81 ans
Dans sa cuisine
Pour un étranger
Et ses enfants.

Plus de mille
Ans
Entre deux événements
Mais le même souci :
offrir sa vie
et son énergie
puis s’installer
dans
son coin
de paradis.

Le doute
Chez cette femme
n’existe pas.
Car
La fierté
Mal placée
n’existe pas.

Vous vous levez
Elle est
là.
Vous revenez
Le soir
Elle est là,
Vous sourit
Vous charrie
Vous installe
Et
Vous sert.

Et votre jeunesse
Ne vous
Sert à
Rien.
Et vos diplômes
Ne vous
Servent à
Rien.
Et votre développement
Personnel
Ne vous
Sert à
Rien
Si vous n’êtes
Pas
A l’écoute
Du rythme
De la
Vie
comme
Elle.

Tout est simple
Authentique
Droit
Doux
Pétillant
Jusqu’au
Milieu
De ses yeux.

Et
elle amène
Un nouveau
plat
Sur la table.
Un nouveau
Tee-shirt
Repassé
Sur le lit.
Et
Son image
A elle
Est désormais
Pour lui
un modèle
D’énergie
Dans le détachement.

Nous sommes
Des étrangers
De passage
Claudine.
Vous épluchez
Des légumes
Dans votre
Cuisine,
Et je souris
Car votre
Radio
Diffuse du disco.

Et je repars
de l’appart’
avec votre fille.
vous ne le voyez pas,
je suis de dos,
mais deux yeux
dans la porte entrouverte
scintillent.

Je n’ai pas vu
Brel
De son vivant
Sur scène
Comme vous,
Claudine.

Mais je vous ai
Vue
Vous.

Mais je vous ai
Vue
Vous.

La porte claque,
la porte s’ouvre,
et j’installe dans le coffre : ma valise


S’EVANOUIR EN CITANT DU RIMBAUD

Une femme l’accueille
Dans un café.
Elle donne son âge :
16 ans.
Elle veut être mannequin.
La femme lui dit :
« De nos jours
Il faut être
Surfine.
Les critères
sont très stricts.
Quand tu arrives en agence
il faut que tu sois beaucoup plus belle.
Tu fais attention à ce que
tu manges ?
Ouais ?
Fais du cardio aussi.
Et développe un discours.
Du charme.
Il faut avoir quelque chose en plus. »
A côté,
il écoute
cette femme
parler à cette fille.
Il sourit
jaune :
Avoir quelque chose en plus
Mais sans muscle
Et sans os.
Ca va être dur…
Avoir de la personnalité
De la répartie
Sur des talons
Avec 200 calories dans le ventre
Et que t’es au bord de l’hypoglycémie :
La France a un incroyable
Talent

La femme porte
Alors l’estocade
« Les couleurs noires
ça affine,
aussi.
Et les carreaux. »
Le jeune homme visualise
alors
Le modèle de beauté
Que propose cette femme :
Un squelette
avec un truc en plus,
Peut-être les os sculptés
Ou les ligaments tatoués…
Qui s’habille en carreaux
Noirs.
Et qui juste avant de s’évanouir
Trouve le temps
Dans l’agence
De réciter
du Shakespeare
ou du Rimbaud.

Il a envie de dire
A la demoiselle :
Ne faîtes pas ça
Pour être estimée
De personnes
qui ne vous aiment pas
et pour qui vous
êtes
tout simplement
interchangeables.
Si ce n’est pas votre
Sac d’os
Ça sera un autre.
Ne bousillez pas votre santé
Surtout que la beauté
Pour nous
C’est pas ça.

Il aimerait lui dire.
Il espère que sa famille lui dira
Que son père la protègera.
Société bizarre,
Où beaucoup de gens s’aiment
Sans le dire
Poussant parfois
Certains au pire
Pour des miettes d’amour
Dont on ne peut
Finalement
Même pas
se nourrir.

Même pas se nourrir


TERRAIN DE « JE »

Il est
Son terrain de « je »
Elle saute
Elle court
Elle se bouge
Elle transpire
Elle sourit
Il est son terrain de « je »

En short
Sans short
Elle lui parle
De ses victoires
Des ses défaites
De l’arbitre
De ce qu’elle aimerait faire
dans les douches
Après le match
Il est son terrain de « je »

Alors elle libère
Tout ce qu’elle
Contenait
Quand elle était en classe
Pour paraître classe.
Modèle
Douce
Silencieuse
Effacée
Pour satisfaire l’autorité.

Lui, avec elle,
Elle mène le jeu
Aussi parfois
Se met
Volontiers
A son service.
Elle aime ce conquérant
Qui la pousse à être actrice.
Actrice de sa vie
De ses envies
Souriante
Déployée
Au service de sa destinée.

Pas de tristesse entre eux.
Car lui
De six heures à minuit
Il est son terrain de « je ».

Son terrain de… « je »


DANS MON PAYS, ON EST DEUX… DEJA

Dans mon pays,
Il y a moi
Et il y a elle
Dans mon pays
On est deux
…déjà.

Dans mon pays,
pas de langue,
pas pour parler,
mais
c’est aussi un langage
le toucher.
Dans mon pays
Il y a moi
Et il y a elle
Dans mon pays
On est deux
…déjà.

Dans mon pays,
Pas de guerre,
Pas de frontière,
Juste la liberté
De circuler.
Dans mon pays
Il y a moi
Et il y a elle
Dans mon pays
On est deux
…déjà.

Dans mon pays,
Pas d’autorité
Les décisions
Se prennent
A l’unanimité.
Au loin, elle me sourit,
Je suis déjà d’accord
avec elle.
Dans mon pays
Il y a moi
Et il y a elle
Dans mon pays
Depuis peu…

On est deux

…déjà.


LES HEROS

La majorité des gens
Cherchent un défaut chez les autres
Pour les mépriser,
Et ne pas regarder toutes leurs qualités
Qui les inciteraient à devoir
continuer
A travailler sur eux.
Ils ne veulent plus travailler.
Ils veulent,
assis,
se conforter
Qu’ils sont parfaits.
Mais quand plus beau
arrive
Plus talentueux
Plus libre
Plus généreux
Leur lucidité le comprend
Et comme l’écart est trop grand
Ils feront tout pour trouver un défaut
Et ne voir que ça
Pour croire
Que ce sont encore
Eux
Les héros.

Encore eux
les héros.

Lui,
ne se focalise pas
Sur les défauts
Mais sur toutes les qualités.
Il aime voir des gens
Incarner
une part de divinité.
Pour que toutes ses parts
A lui
Tendent
A totalement se déployer.

Pour devenir
Totalement lui.

Totalement lui.

Il aimerait
Que les gens
Voient dans les autres
Des héros.
Voient dans les autres
des héros. des héros.


ROYAL CALIN

Royal Câlin.
Devant là où s’élancent les trains
Ils se font
un
Royal Câlin.

Par la longueur de leurs bras
ils établissent
Ce ghetto
de bienveillance
Dont elle lui a parlé dans le café.
Minuscule lieu
Où tout redevient
Possible.
Surtout la possibilité
De pouvoir s’élancer, sans jamais réfléchir.

Royal Câlin.
Devant là où s’élancent les trains
Ils se font
un
Royal Câlin,
et les mains sourient
sur les dos,
car le toucher c’est une
réponse
qu’on reçoit illico.

Royal Câlin.
Devant là où s’élancent les trains
Ils se font
un
Royal Câlin,
En rêvant que ce ghetto
ne se résume plus
qu’à quelques dos ;
mais à la surface de toutes ces peaux
qui s’en vont vers les trains.
Direction leur foyer.
devant la télé
Sans échanger de la soirée.
Sans recevoir
de réponse illico,
d’une peau
sur leur peau,
qui leur dirait
sans même se parler :
« je sais ».

Royal Câlin.
Devant là où s’élancent les trains
Ils se font
un
Royal Câlin.


IL EST D’AILLEURS

Dans le métro
Il entre
Sac à dos déchiré
Joues creusées
L’impression qu’il va s’effondrer.

Mais il s’appuie sur la beauté.

Mais il s’appuie sur la beauté.

Il commence à chanter
du Pierre Bachelet.
Avec Application.
Avec concentration.
Il articule
chaque phrase
chaque mot.
Et les euros
de plus en plus nombreux
viennent
dans sa main,
Pour le remercier du fond des poches
pour son entrain.
Sa dignité,
dans sa chute,
De s’appuyer sur la beauté.
De s’appuyer sur la beauté.

Et nous donner ainsi
L’honneur
de contribuer
en partie
à le sauver.
Car en fait
il s’est sauvé lui-même…
A travers des chansons
A continuer
A dire « je t’aime »
Quand tout le monde
Lui disait dégage.

Alors il chante
et de plus en plus d’euros
se rassemblent
dans sa main
pour lui rendre hommage,
d’avoir trouvé le courage,
de sourire à la vie
quand nous, à sa place,
Nous aurions peut-être fini aigris.
peut-être fini aigris.

Sac à dos déchiré
Joues creusées
L’impression qu’il va s’effondrer.
Mais il chante avec concentration
Du Pierre Bachelet.

Et même dans sa chute

Il s’appuie sur la beauté.

Il s’appuie sur la beauté.

Sur la beauté.


ATTENTIVEMENT

Plus je la regarde attentivement
plus je l’aime.
Plus je regarde
avec attention
sa bouche parler
et juste au-dessus
son p’tit nez,
plus je l’aime.
Plus je regarde
précisément
le grain d’une peau,
le vert d’une feuille,
plus je sens une douceur
se diffuser
dans la scène.

Exactement comme quand
petit
dans le calme
des pharmacies
La bille du stylo
roulait sur les boîtes
et les mains
les manipulaient
avec précaution
dans la chaleur
et le silence.

Plus je la regarde
attentivement
plus je l’aime.

plus je l’aime.


L’HOMME QUI N’AVAIT PAS PEUR DE MONTRER SES EMOTIONS

Dans un métro
Il observe
ce père
écouter son fils
d’une dizaine d’années.
Il le laisse
Parler
Tout en le recoiffant
Tout en
lui montrant de l’affection.
Et tous les deux
discutent
Comment le fils
Devrait faire
Pour arriver à l’heure
Précisément
Le matin
Sachant qu’il a 5 stations de métro.
Et c’est beau
Comme son père
L’écoute
Le recoiffe
Lui sourit.
On dirait Samuel Benchetrit
Une tendresse
Et en même temps un côté sauvage.
L’homme qui n’a pas peur
De montrer ses émotions
Car il se sent fort
Authentique
Vrai.
La femme
De cet homme
Doit être sacrément heureuse
D’avoir lui comme père.

Un père
Qui dit
A son fils
« Je vais faire un bout du chemin
Avec toi
et après j’te laisse. »
Etre une présence
tout en préparant à l’autonomie.
Une tendresse
tout en lui
faisant comprendre
tu dois devenir un être aguerri.

Ils les voient sortir
tous les deux
Station « Assemblée Nationale ».
Et le métro repart…


SOLIDE & MOELLEUX

Ils m’ont demandé
Pourquoi
Je ne le rejetais pas
pour son défaut.
Si gros
évident.
Je leur ai répondu
Que si je devais
rejeter
Quelqu’un
pour un défaut
Je rejetterais tout le monde
Y compris
Eux
Apparemment si vertueux
Si convaincus de leur valeur.

Je préfère les gens
Qui doutent
donc qui écoutent.
Je préfère les gens
qui pour voir grand
Descendent bas
En eux
Pour savoir ce qu’ils pourraient ajouter
Soit de solide
Soit de moelleux.

Ils m’ont demandé
Pourquoi
Je ne le rejetais pas
pour son défaut.
si je devais rejeter
Quelqu’un
pour un défaut
Je rejetterais tout le monde
Et la solitude
est mon terrain d’étude
Si m’élever
permet en fin de compte
de mieux nous retrouver.

Si je n’ai plus personne
A faire sourire
réfléchir
A toucher
Quelqu’un de qui m’inspirer,
Si je n’ai plus cette boucle
D’énergie
Chaque seconde de ma vie
s’en ira
vers le néant.

Or je vois grand
Donc je descends
bas
En moi
Pour savoir à chaque fois
ce que je pourrais bien ajouter
Soit de solide
Soit de moelleux.

Pour me sentir plus complet
universel
plus heureux.

Et si mon cerveau ne rejette pas
Mon corps
me fait ressentir
qu’ il y a quand même des choix.
Des présences
Qui comme des vacances
transforment
les discussions
En piste de dance.
Des moments de légèreté
Et en même temps d’éternité
Où le rythme
Nous fait
tout simplement
oublier le temps
Et les paroles
savourer
la texture
De chaque instant.

Ils m’ont demandé
Pourquoi
Je ne le rejetais pas
pour son défaut.


UN ENDROIT POUR SE REMETTRE A L’ENDROIT

En face
la
pureté
Dans sa tasse
un pur thé.
Un endroit
pour se remettre
à l’endroit.
Un sourire
Comme
Son souvenir
Qui
A nouveau
Présent
redonne l’envie
d’être
pleinement
présent
soudainement
dans ce monde.

Etre là
Avec une carrure
Un silence
Comme
une
Autosuffisance
Mais aussi
des trais d’esprit
pour
Réaliser
Que la magie
peut tenir
En trois mots.

Offrir
Tout
Avec presque rien.
La subtilité
éclate
Comme un éclair
dans le ciel
du quotidien.

Et avant
Cela
il y a
eu l’odeur
de la crème
du sel
le bleu du ciel
Tout en longeant
les vagues.

Le bruit des mouettes
Des mâts
Qui dansent
Des corps
Qui plongent
Puis
Qui s’allongent,
Et
Près desquels
On aimerait
S’allonger.

S’attarder.

Se blottir.
Se coller.

Un endroit
pour se remettre
à l’endroit.

C’est à dire
traverser
la vie
à l’envers.

Revenir
Vers les plus grands
défis
pour le corps
pour l’esprit.

Offrir
Ce que l’on aime
Recevoir,
Et ici
tout récolter
sans même devoir
Se baisser.
A part
uniquement
Sur ce paysage
ces corps
ces visages :
les yeux.

les
yeux


A CE GAIN ET A CE PRIX

Appartenir à une minorité
condamne
à l’excellence.

La reconnaissance
est à la fois,
à ce gain
et à ce prix.


LE COWBOY ET L’INDIEN

« Régime autoritaire ! »
« Non ! Ploutocratie ! »
« Non ! Oligarchie ! »

Je lis
les joutes
cérébrales
et l’enfant
en moi
Se dit
le qualificatif
précis

tout de suite
maintenant
je m’en fous.
Moi c’que je sais
C’est qu’avant
De la France
j’étais amoureux
fou.

A l’école primaire
Une prof
stricte
mais honnête
attendait
le meilleur de moi.
Il y avait les silences
en classe
Qui précédaient
A la récré
Tous nos rires
Dans la voix.

Il y avait
une attention permanente
Comme
Une fureur de vie.
Le foot
les billes
les blagues
Tout avait
la saveur du défi.

Une chance
de
débutant
Et puis adolescent : on se cherche.
Et à la fin de cette parenthèse
Voilà
qu’à 2
finalement
les yeux dans les yeux
On se trouve.

Beauté
Souriante
Des deux côtés
Issue d’un désir permanent
de briller.
D’étonner.
D’incarner
au quotidien
La fraîcheur
Mais aussi la solidité.

Exactement comme
nos modèles
Comme nos héros.
Personnalités déterminées :
Artistes engagés
Sportifs de haut niveau.

La vie
Flambe
Dans nos veines
Nous arrive
Comme de la sève
condensée
Par les yeux.

Tendu
Comme un arc
On décoche
En continu
Des flèches.
On part à l’assaut
de tout.
L’adrénaline de l’exploration
L’attendu de la consécration
nous fait
avancer
au galop
Dans nos jours.

Etudes
Soirées
Voyages :
Convaincus
Que le monde nous est dû
On avance
Avec la fierté
arrogante
du cowboy.
Qu’on contrebalance –
tous les plus beaux moments
systématiquement
nous venant
des amis
des parents :
du lien –
par la simplicité
et le sens de la communauté
de l’indien.

Equilibre
entre individu
et groupe
Mais à 25 ans
soudainement
le cowboy en nous
fait cession.
Une entreprise tend la bourse :
assoiffé d’indépendance
de prestige
On accepte la mission.

Sur le terrain
les consignes
fulgurantes
sur le papier
laissent apparaître
un paysage de complexité
Et tout autour
un désert de soutien.

Des alliés
théoriquement
sont là
Avec vous.
Mais
surmenés
A peine arrivés
Déjà sont ils partis
vers un autre
rendez-vous.

Perplexité
Le soleil se couche
des données
clé
encore
vous manquent
or un résultat est attendu.
L’obligation d’action
sans toutes les informations
et vous voilà
encerclé
de toutes parts
par le stress
car l’erreur est défendue.

Pour vous sauver
retrouver
une confiance
une sérénité
Vous aimeriez
crier
alerter votre hiérarchie
qu’elle reconnaisse
la folie
de l’obligation de résultats
en l’absence de moyens.

Mais
la hiérarchie est partie
Déjà
vers d’autres missions.
Et la taille de la bourse
récompensait
votre grande autonomie
aussi,
votre capacité d’adaptation.

Face à tant d’absurdité
Envie quotidienne
de renoncer
de rebrousser chemin.
Mais les factures
se sont accumulées
Tant pis
votre colère étouffée
sera
pour
vos intestins.

Et la vie
D’une joie
D’une grande fête
D’une aventure
D’une communion
Devient
Combat
implacable défaite
pratiquement une torture
à coup sûr : une déception.

Tristesse
D’un corps
D’un esprit
D’un élan
D’une flamme
Qui rêvait
D’éclairer
chaleureusement : une maison.
Et qui au final
se retrouve
seulement
mécaniquement
à libérer de l’énergie
dans une entreprise
Dans le cadre d’une combustion.

Vie mécanique
qui
la nuit
rêve de respiration
De petites attentions
De temps libres
et de liens.

De ne plus être
juste
une ambition
une planification
Toute une série d’actions
Un cowboy…
Mais aussi un indien.

Sentir la vie
circuler
Dans le cadre d’une activité
pour laquelle on se sent
pratiquement appelé
Qui remplit d’énergie
Alors qu’on devrait
simplement
mécaniquement : la dépenser.

S’investir
Dans une passion
par curiosité
Et se renforcer
Peu à peu
d’une maîtrise
De l’extérieur
d’une expertise
Qui permet ensuite
en entreprise
de se sentir
légitime
Dans les relations.
D’identifier l’essentiel
à obtenir
dans tout le flux d’informations.

Se sentir
Enfin
Sobrement
Sereinement
Naturellement :
à sa place.
Enrichir la société
De son élan
De ses talents
De sa singularité.
Et profiter d’être comblé
pour
s’ouvrir
plus attentivement découvrir :
écouter
observer
s’interroger
demander.
Reconsidérer
finalement
l’altérité
comme une opportunité
de parfois apprendre
parfois aider
enseigner.
En résumé :
de toujours s’épauler.

Enrichi
par les liens
se sentir
soudainement
beaucoup moins
aimanté
par les biens.
Simplicité
Sobriété
Qui économise
l’argent.
Qui vous libère
Du temps.
Beaucoup moins de fioritures
Pour se retrouver plus fréquemment
Dans la nature
Avec la reconnaissance
Et les yeux
D’un enfant.

Une harmonie
Que la déception
Peut un jour
vous inciter
coûte que coûte
à poursuivre
à chercher
à trouver.
Quand le mal-être
ronge
S’ajoute
même à un moment
la honte
D’espérer la même tristesse
pour tout le monde
par désir d’équité.

Oui
Parfois la société
nous fatigue
Par sa violence
par son côté
Far West.
Mais pour mieux
lui demander
de se régénérer
de créer du lien…
Pourquoi
ne pas déjà
soi-même devenir
un échantillon d’équilibre
d’unité :
et donc remettre
Dans son cowboy…

de l’indien.

A Jack London


A DISTANCE DESIRABLE

Le voyage
Une image
la plage
Moi
A côté
En train de marcher
D’imaginer
De respirer
De me laisser
Envelopper
Par l’air
Et toi
non loin derrière
Prête
A me faire quitter
Le sable…

A distance désirable

Me sentir là
Avec moi
Au bon moment
avec toi
dans un lien
Qui jamais ne me pèse
installé
dans un cadre
Constamment qui m’apaise

Le voyage
Je dois prendre de l’âge
Ce n’est pas l’Australie
La Malaisie
ou la Grèce
Juste le vent
Les éléments
Le silence
Tes caresses

Ca paraît tellement simple
A l’opposée d’une utopie
Pourtant
En une personne
L’autonomie, le calme, la force, la douceur,
on en rêve mais : tant pis

Tant pis pour
la réalité
Mais le rêve peut parfois compenser.
S’imaginer
Et déjà
presque frissonner
ressentir.

Je navigue sur mes fantasmes
En espérant
Le plus souvent
Toucher terre
Toucher peau.

Accoster
Sur une rive
Où tout apparaît
Comme dans un rêve

à se frotter les yeux
pourtant
Rien ne s’efface.

Tout persiste dans le bleu.

Tout persiste dans le bleu.

Le voyage
Une image
la plage
Moi
A côté
Et toi
non loin derrière
Prête
A me faire quitter le sable…

A distance désirable

A distance désirable


REGARDER REELEMENT

Elle danse avec moi
Et je suis son
Héros.
On fait des enfants
Pour redevenir
Important
Indispensable
Un géant
Dans les yeux
D’une personne
Qu’on admire.
Et je t’admire
Ma nièce.
Car tu es authentique
Vraie
Et quand tes yeux
Regardent ta mère
Ton père
Ton grand-père
Ou moi
On a tous l’impression
D’être indispensable
A cette Terre.
A partir d’un âge
C’est si rare qu’une personne
Réellement
Vous regarde.
Et ne voit pas
A la place de votre visage
Ce que la vie a oublié de lui donner.
Ce que la vie injustement
Lui a repris.
Ou ce que vous pourriez lui
Apporter
Pour qu’enfin elle puisse
Flotter
A la surface de l’existence.

Tu danses, ma nièce
Et je suis ton héros.
Tu souris.
Je suis un enfant aussi, tu sais.
Un enfant qui vieillit.
Un ange au milieu des bombes.
L’innocence qui traverse depuis
Plusieurs années
Une allée pavée
Où tout le monde se poignarde.
Mais quand tu me regardes
Je crois qu’ils ne me voient pas.
Quand mon père et ma mère me regardent
Je crois qu’ils ne me voient pas.
Alors continue de me regarder
Mon père, ma mère,
Continuez de me parler
Comme si je représentais l’avenir de ce monde.

Et on danse
Et on chante
Et on rit.
On oublie
Ce qui nous attend.

Et mon père se lève
Pour chercher l’appareil photo.


COMME UNE DOUCHE

Méditer
Comme prendre
une douche
Pour sentir
délicatement
bon
de l’âme


LE BONHEUR D’ETRE AU MONDE

La journée était
Légère
Puis
Une urgence est tombée.
Alors son corps s’est
Concentré
Au-delà de son rythme
Naturel
Pour atteindre l’objectif seul
De son employeur.

Il a fini.
Il sort de l’immeuble.
Il marche dans la rue.
Cela recommencera demain, pense-t-il.
Les cadences élevées qui accélèrent
Le vieillissement.
Une femme, sur le trottoir, arrive à sa hauteur.
Téléphone à l’oreille, angoissée,
Elle se confie sur ses problèmes professionnels
A une proche
Qui l’écoute.

Il continue son chemin vers la gare.
Il réalise
Comme le travail
S’est approprié l’espace entier de nos cerveaux.
On ne pense qu’à ça.
Nos collègues.
Nos dossiers.
Notre patron.

Il ne veut pas gâcher sa vie
A penser sans cesse
A la journée écoulée
A la journée demain qui viendra
Sans ne jamais vivre l’instant.

Alors
Il arrête ses pensées.
Dans la rue,
Il s’attarde sur le mouvement du train qui passe.
Sur l’architecture du pont.
Et se laisse emporter par le bonheur d’être au monde.


DANS SON CERVEAU COMME DANS UN BUREAU

Il est monté
Dans son cerveau
Comme on s’isole
Dans un bureau.

Pas longtemps :
Juste
le temps
De décortiquer
d’analyser
les différents éléments
qui constituent
la globalité
et qui
s’opposent
parfois
se nuancent
souvent
et font
de la réalité
une nébuleuse
si compliquée
à déchiffrer
qui le remue
Le perturbe
Le ballotte
au lieu
simplement
avec légèreté
et
simplicité
de l’emporter
vers ses rêves.

La vie…
Un permanent
conflit
Notamment entre
l’urgence socialement
d’exister.
Qui pousse à l’action
aux échanges
A la séduction,
pour vendre
dépasser
remporter :
et s’offrir
la sécurité
de se nourrir
se
reproduire
se vêtir
se loger.

Une constante
préoccupation
A l’opposé
De la simple contemplation.
Accueillir
Des images
Des sons
Et se sentir
soudainement
Inclus
Mélangé
Absorbé.
Une unité
Qui déclenche
une sérénité
une douceur
une évidence
Qu’on ne veut
alors
plus jamais
se faire
violence.
Plus jamais
vouloir se démarquer
se faire remarquer
Car
la rivalité
c’est se limiter
aux contours
d’une personnalité,
au lieu
de se sentir
empli
par un océan
sans cesse
grandissant
d’énergie.

Mais
S’arrêter
C’est la peur
Pour toujours
De s’exiler
D’hommes
Et de femmes.
La crainte
Dès
Demain
De manquer.
De dépendre
De devoir quémander.
Alors
l’action
Redevient
immédiatement
A nouveau
la seule préoccupation.
En sachant
Désormais
Que
la vie
Regorge
De bien plus
Grandes
joies
Satisfactions.

Alors
Il monte
Dans son cerveau
Comme on s’isole
Dans un bureau.

Pas longtemps.
Juste
suffisamment
Pour identifier
les indices
à surveiller
en arrière-plan
quand il est
dans le moment présent :
pour ne pas
oublier
d’œuvrer
un minimum
pour sa survie
pour garantir
son autonomie.

Et à l’opposé
De toujours
Observer
Surveiller
En pleine activité
Son degré d’ouverture
de fluidité :
pour ne pas perdre
de sa magie
en souhaitant
terminer
immédiatement
son ouvrage
à tout prix.

Il est monté
Dans son cerveau
Comme on s’isole
Dans un bureau.

Pas longtemps…

Pas longtemps…

De moins en moins
Longtemps :
Pour le plus souvent
se mélanger à tout.

A tout


LE DESIR PAISIBLEMENT DE BRILLER

Quelqu’un qui tout seul
Décide
Quelqu’un qui tousse
Seul
Décède

Décidément
Est-ce que
Systématiquement
le plus décidé
ment ?

Collé
le Collectif
Agira
comme un correctif
pour mes idées.

Collé
le Collectif
Agira
comme un correctif
pour mes idées.

Sentir que c’est
le moment
de rejoindre
un mouvement
Sous nos pieds
les sables
ne sont-ils
pas
des plus
: mouvants ?

Vouloir sentir
Dans nos yeux
Une force
En remplacement
D’une farce.
Tous ensemble
s’entendre
sur le refus de s’éteindre
Et avant même de s’étreindre
Déjà
« simplement »
S’écouter.

S’écouter
Et
c’est coûteux
de reconnaître
Qu’on n’est pas toujours
Le maître
Détenteur
D’une absolue vérité.
A aboyer
Chacun de son côté
On finira
Bientôt
par tous
Devoir se taire.

A aboyer
Chacun de son côté
On finira
bientôt
par tous
Devoir se taire.

Alors
au milieu
de dizaines
Et bientôt
de milliers
millions
de bonnes volontés
J’arrête la compet’
pour souhaiter
que les autres
me complètent.
Et
mon futur rêvé
Se donne
ainsi
dès aujourd’hui
les moyens
prochainement :
d’exister.

Et
mon futur rêvé
Se donne
ainsi
dès aujourd’hui
les moyens
prochainement :
d’exister.

les moyens
prochainement :
d’exister.

Tous ensemble
s’entendre
sur le refus de s’éteindre

le refus de s’éteindre

Et donc le désir
Comme quand on était jeune, paisiblement :
DE BRILLER

DE BRILLER


MURIR AVEC LE SENTIMENT D’ECLORE

Les
Evénements récents
Témoignent
de notre attachement
En tant que société
A l’absence de violence.
De souffrance.
Et ce
Sans hiérarchie
entre les humains.
L’Histoire
au siècle dernier
a illustré
Jusqu’où
pouvait
diaboliquement glisser
de s’imaginer
que les douleurs
de certains corps
de certains cœurs
pouvaient être
rationnellement
ignorées
pour atteindre
un optimum de vie.

Cet optimum
de vie
ne se fera
pas
sans moi
pas sans toi.
Avant
Notre confiance
était
collectivement placée
en des institutions
pour assurer
Que le cadre
nous permettrait
de nous rapprocher
pas de nous mépriser
dans une course
quotidienne
aussi éreintante
que décevante
direction
soit la domination
soit la survie.

Aujourd’hui : nous sommes las.
Blessés.
Epuisés.
Marqués
sous la peau
par ce
qu’on peut nous infliger
Et nous même s’infliger
Pour recevoir une paie.
Une plaie.

Nous voulons
Mûrir
Avec le sentiment
D’éclore.
Grandir
Avec la sensation
de se renforcer
De chacun de nos efforts.

Nous voulons
Qu’en face
Comme en nous
Une sérénité
Soit présente
Juste à l’heure au rendez-vous.

Ignorés un temps,
Par souci de réciprocité
Nous voulons
Ecouter
Maintenant.
Pleinement.
Aussi
fidèlement
nous exprimer.
Qui pourrait connaître
nos souffrances
si nos silences
ou nos exubérances
Viennent nous censurer
nous déformer.

La communication non-violente
comme la langue future d’une nation.

La démocratie participative
comme le terreau fertile
pour nos futures décisions.

Echanger
S’écouter.
Avant de répondre
Se laisser traverser par l’idée
D’en face
Se questionner.

Et si une chose n’a pas été
Citée :
ne plus se censurer.
S’exprimer.
Avec le souci du lien.
Avec l’envie
avant de recevoir
de dire « tiens ».

Tiens
Un peu de mon temps
De mon énergie
De ma magie.

Le meilleur de moi
Pour inciter le meilleur de toi
soudainement
A jaillir.

Le meilleur est devant nous
Si nous prenons goût
à proposer continuellement le meilleur de nous.

Projetons de la beauté
de la générosité
de la subtilité
sur nos vies.
Construisons
Comme notamment ces deux associations :
Eklore & A Nous la Démocratie.


L’ANIMAL DE SA PROPRE EXISTENCE

Quand son ami
Lui demande :
« et
toi
il y a dix ans
si
tu te regardais
maintenant
De quoi
Tu serais
Le plus
Impressionné ? »

Alors
Sans réfléchir
Sans chercher
Non plus
Il repense
A ces créations
Désormais
Qui doivent
Sortir
Et exister
Pour elles-mêmes.

A cette avancée
Permanente
Régulière
Comme une roue
Qui ne cherche pas
A rejoindre
A atteindre
Seulement
A accompagner
Chacune volonté
D’un mouvement
Intérieur.

Il est un chariot
Qui
Transporte
Dignement
loyalement
Une énergie.
Un outil
Au service
des élans
De sa vie.

Il est
L’animal
De compagnie
De sa propre existence.
Un chien fidèle
et aussi
un félin
Qui soudainement
Change de chemin.
Parfois se cache
Parfois
Sans savoir
Pourquoi
court
Et puis bondit.

ll est

et sait
qu’il sera
naturellement
un beau jour
remisé
mis de côté.

En attendant
il continue
Méthodiquement
soigneusement
A
Suivre
une voix
qui
Ordonne
Ses pas
Et qu’il sert
Avec le dévouement
L’honneur
De celui
Qui accompagne
La plus grande des reines
Le plus prestigieux
des rois.

Et
lui
il y a dix ans
S’il le regardait
Maintenant
serait impressionné
De le voir
Chaque jour
s’activer
Continuer
Peu importe
au final
l’échec ou le succès.

Impressionné
Et aurait
aussi
A son égard
Une forme de pitié.

Pour avoir abandonné
Toute volonté de dominer
Il verrait dans cet homme
Au service
Un être
Sans personnalité.

Et en même temps
Quelque chose
l’appellerait.
L’appellerait.

Plus il l’observerait
Plus il voudrait
Quelque part
Lui ressembler.

Comme s’il pressentait
que derrière
Une forme
De renoncement
Pouvait
Se glisser
une puissance
Une force
Une liberté.

Comme s’il ne voulait
Devenir
Rien d’autre
Depuis le début
Que cet homme
Qui plantait des arbres
Chez Giono :
Elzéard Bouffier.

Il est
L’animal
De compagnie
De sa propre existence.
Un chien fidèle
et aussi
un félin
Qui soudainement
Change de chemin.
Parfois se cache
Parfois
Sans savoir
Pourquoi
court
Et puis bondit.

Et puis bondit.


A 50 ANS

Elle nettoie les maisons
Les frustrations
Par
son écoute
Son attention
Et
Aussi
Désormais
Ses relations.

Elle ne veut
plus
Etre
Paillasson
Poubelle
Que l’on remplit
Avec dédain
Mépris
Quand au lieu
Ecologiquement
De recycler
Une frustration
On se met
A la jeter
Sans la moindre dignité
A l’intérieur
D’un autre.

Elle ne veut plus
Etre
Cette autre.

Elle ne veut plus
Etre
Cette autre.

Elle
s’offre
De l’amour
du
respect
Désormais
En arrêtant
D’encaisser
De tout
Accepter :
En fixant des limites.

Tant pis
Pour eux
Pour elles
S’ils veulent
Continuer
De tromper
la notion
D’amour
De respect
De bienveillance
D’amitié.

Tant pis.

« Les Bourreaux »
S’infiltrent
Par
l’interstice
De nos défauts.
Et elle sait ELLE
Qu’elle n’avait
pas assez
D’amour
Pour elle ELLE

Désormais
elle sait
Qu’elle vaut plus
Que d’être
Une poubelle
Une serpillère
Un évier
Dans lequel
On évacue
Ce qui
Au quotidien
Ne nous a
pas
plu.

Alors elle écoute
toujours
avec autant de présence
Et désormais
Tout autant de distance
Quand la noirceur
l’agressivité
Commence
Face à elle
A s’exprimer.

Et elle lit.
S’entoure
de belles énergies.

Elle nettoie les maisons
et aussi
Désormais
Le répertoire
De
Ses relations.

A 50 ans :
Elle s’aime.

Elle s’aime.


IL A L’AIRE… D’UN PONT !

Il a l’air d’un con
En fait
Il a l’aire d’un pont
Qui relie
rattache
Permet la rencontre
les retrouvailles
Facilite
Vers un nouveau
territoire
La traversée.

Il a l’air d’un con
En fait
Il a l’aire d’un pont
Et ceux
Qui questionnent
Sa présence
Son utilité
Sont ceux
Qui se sont arrêtés
De
découvrir
D’
Explorer.

Il a l’air d’un con
En fait
Il a l’aire d’un pont
Et ceux
qui saluent sa présence
et relatent
aux sédentaires
leur nomade expérience
pour lui
représentent la clé.

Celle de parler
D’une rencontre
D’une jonction
D’une amorce d’unité :
raison pour lui
d’exister.

Car
il a l’air d’un con
En fait
Il a l’aire d’un pont
Qui relie
rattache
Permet la rencontre
les retrouvailles
Facilite
Vers un nouveau
territoire
La traversée.

La traversée

La traversée

Il a l’aire…
…d’un pont


COUCHER LE SABLIER POUR MIEUX SE COUCHER SUR LE SABLE

Avant
Pour moi
Le temps était une flèche :
Le tourbillon des villes
Et non le calme de l’Ardèche.

Avant
Pour moi le temps
Etait une frise,
Et j’ai frisé
La correctionnelle
Quand j’ai vu
Que les années
N’élevaient pas vers le ciel.

Avant
Pout moi
le temps
était l’OTAN.
Un escadron d’avions
Qui volaient
dans ma tête.
Me rappelaient
de ne pas m’appesantir
dans le moment présent
On m’attendait ailleurs
dans peu de temps :
L’instant n’était jamais à la fête.

Avant
Pour moi
Le temps était un sablier.
Que j’ai fini par coucher
Pour me coucher
Sur le sable
de cette plage
Où j’allais chaque été.

Une plage
désormais
Où j’observe les maillots
où j’accueille les invitations
des oiseaux
Et la force, devant moi,
des rouleaux.

Le temps a désormais
le temps
De m’en faire perdre.
Donc de
m’en faire gagner.

La montre déconnectée
Je n’ai
jamais été
aussi connecté…

A moi…


MAGICIENS

Répéter
Pour que la technicité
Devienne
de la beauté.
Répéter
Pour que l’intensité
Permanente
Apparaisse comme la banalité.
Répéter comme des magiciens
Pour faire croire
Que le génie
Le bonheur
Peut arriver sans effort un matin.

Il voit
Ces visages souriants
Et la coupe.
Il voit
Ces millions
De gens
Triomphant
Au milieu de la route.
Et il espère
Que demain
Quand l’ordinaire
Reprendra son quotidien
Que de plus en plus
De citoyens
Comme eux
Rêveront de devenir « magiciens ».
De transformer la société.
De diffuser de la beauté.
De faire relier
Un à un
Les individus entre eux.
Tu peux être un footeux
Œuvrer dans une association
Une entreprise
En campagne
Ou dans une PME.

Tu peux être
Comme eux
Si tu décides
De devenir un magicien.
De te lever chaque matin
En répétant tes gammes.
Ca peut prendre
Beaucoup de temps
Simplement
Pour apporter des grammes.
De beauté
De vérité
D’authenticité
De pureté.

Mais la pureté
Même en concentré
Attire
Eclaire
Et satisfait.

Alors
Pour que ce soir
Ne soit pas vain.
Demain
Va vers ton rêve :
Fais tes gammes
Deviens un magicien…


GRAND GRAND « PETIT PRINCE » »

Un vieil homme
marche
Comme tant de jours
Mais sans son chien.

Un jeune homme
Lui demande
Où est passé
Son chien.

Renversé.
Il y a
Quelques mois.
Il lui dit ça
Sans rage
Sans colère
Sans regret.

Il s’appelle
Jacques.
Il aimait
Son collet
Qui était
Avant
Le chien de sa femme
Donc
Qui lui rappelait
Elle.

Il est là
Le corps
Fatigué
Mais les yeux
Qui brillent
Qui brillent.

Il lui demande
S’il avait
Un livre
A lui
Recommander
Lequel
Ça
serait.

Jacques lui
Dit :
« Le Petit
Prince ».

Il relisait
souvent
avant de dormir
l’épisode
du Renard
de la Rose.

Son renard
c’est chacun
De ses chiens
Il y en a eu
9.
Sa rose
C’était sa femme
Il en a eu
1.

Et il doit
Partir.
Il ne peut
Rester
Trop longtemps
Immobile
Désormais
Sur ses jambes.

Il doit partir
De ce trottoir
Bientôt
De ce monde.
Il dit au
Jeune homme
Sans regret :
« Tout passe si vite ».
Mais quand la
Conduite
S’est toujours
Accompagné
Des meilleurs passagers :
Que regretter,
Que regretter
Jacques ?

Il quitte ce
vieil homme
Dans la rue.
Et il sait
Que
Comme le blond des blés
Rappellera
Le Petit
Prince
Au Renard.
Le Petit
Prince
Rappellera
Ce Vieillard
A ce jeune
homme.

Il se dirige
Vers le métro
Avec l’envie
Au plus vite
De relire des passages
de ce livre.
Pour revoir
Toute la beauté
La mélancolie
De la vie.
Et pour revoir
Jacques
Dans son esprit.

Pour revoir
Jacques
Dans son esprit

Et l’innocence de ses yeux.

L’innocence de ses yeux

Qui brillent


EN MOI & AVEC MOI

En excès :
pour essayer
De briller aux maximum
de partout
Pour enfin recevoir
un regard tendre
profondément
Sincère et respectueux.

Peur
Que si les signaux
ne sont pas si
évidents
importants
La possibilité de passer
Toute une vie
Sans être vu
Sans véritable amour. 

Il y a des croyances
Mais aussi l’expérience
Les gens que je croise
Et qui se passionnent
Pour des choses
que je juge accessoires
Et inversement.

Mais quand la machine
S’est emballée
Important de me rééquilibrer
Et de mettre sur pause.
De ne lutter pour aucune
autre cause
Que l’harmonie.
Ecouter.
Souffler.
Ressentir.

Tant pis
Si sans action
je ne reçois aucune adhésion
au moins je suis là
serein
avec le monde.

Et c’est peut-être
Finalement une voie
Mieux que de secours
pour spontanément
Recevoir
L’immensité d’amour
Qui dort
Depuis petit
En moi.

Qui dort
Depuis petit
En moi.

Une inspiration
Une concentration
sur l’air qui s’engouffre
Dans mes poumons
et le monde
Me sourit
Et est en moi.
Avec moi.

Et je suis avec lui.


TABARLY

Il demande
A un ami
Si lui
Il y a 10 ans
Regardait
Ce qu’il est devenu
maintenant
De quoi
Il serait
Le plus
Impressionner.

Et alors
Sans réfléchir
Sans hésiter
il lui répond
d’avoir
Su
naviguer
au milieu
de la tempête
et
des vagues
immenses.

D’avoir
Conservé
Le cap
La force
Le calme
En dépit
Des creux
immenses
Qui lui faisaient
Craindre
pour le futur
et
L’arrivée
Intacte
à bon port
De son embarcation.

Un Marin.
Dans un sourire
Il précise
Comme avant
Il se croyait déjà
Un Marin.
Un grand navigateur
Sa seule erreur
Penser qu’
il manoeuvrait
Avec virtuosité
Au milieu
Des océans
Alors
Que la vie
Ne lui avait proposé
Pour l’heure
Que l’entrée
Corto Maltese
Il y a 10 ans
Tirait les bords
Avec gravité
Au milieu
du Lac Léman.

Alors
d’avoir su
Après
Manœuvrer
Au niveau
Des 40ème rugissants
Véritablement
Des vents violents.
D’avoir su
Maintenir
L’équilibre
De sa barque
Quand le moindre
Faux mouvement
pouvait
impacter
Une femme
Des parents
Des enfants.

D’avoir su
Rester
Fort
Digne
Tout en respectant
Les éléments.

Oui : lui
Il y a 10 ans
Le regarderait
Admiratif.
Comme un petit
Observerait
du fronton
Manœuvrer
Sur son bateau
Tabarly.

Tabarly


CONNEXION

La connexion
Le flux
Entre nous deux
Le partage :
Demande tant.

De conscience.

De présence.

D’attention
A mes intentions
A mes intonations
A chaque phrase
Que je libère
Par la bouche.

Elle repense à ce défi
Quand
Son ami
Dans ses bras
Il y a peu
Lui avait dit
Des mots
Si peu choisis
Dont
Il avait admis
L’imprécision
Mais
Dont il ne considérait
Pas
que cela
valut
Une entière discussion.

La connexion
Ce qui différencie
L’impulsivité
De la spontanéité.
Cette recherche
D’excellence
D’intégralement
S’exprimer
En prenant
Soin
De laisser
La place
En face
pour un rebond
un partage
D’émotion
Un complément
D’information.

La connexion
Comme un fil
Par lequel
Se connectent
Et s’échangent
Deux sensibilités
Deux volontés
De créer
De préciser
De partager.

La connexion
C’est surtout
Ça
La qualité d’un amour
D’un coup
Pense-t-elle.

Alors
Quand elle cherche
Désormais
De l’amour
De l’humour
De la tendresse
De l’élan
De la complicité
Deux belles fesses

Quand elle cherche
A partager
Elle observe
surtout
Sur tous les sujets
une seule condition :
La qualité de l’écoute
du respect
de l’attention.

Entre eux
Deux
la qualité permanente
constante
de
connexion.

de connexion.

de connexion.


INFINI DE L EPHEMERE

Transhumanisme
pour devenir
Plus puissant
Plus longtemps
immortel.
Mais dans cette vie
Aucune vie
Aucune magie
rien ne se savoure autant
Qu’un moment
que l’on sait
de passage
éphémère.
Et alors :
un rien
Devient tout
Car bientôt
Après l’offrande de ce cadeau
Il ne sera plus là.

Goûter à l’infini
De l’éphémère
plutôt qu’à l’enfer
De l’ennui
métallique
infini.

à l’infini
De l’éphémère

à l’infini
De l’éphémère


AVEC ELLE !

Partager
Avec elle
Un moment
C’est
Entrer
Dans un roman
mais en être
Soudainement
Les héros.

Etre ces personnages
de comédie
Qui sourient
A la vie
Et en même temps
Toujours
Se questionnent
Sur la mort
L’amour
Sa destinée
Quoi faire
Où aller
Comment
Au mieux
Contribuer ?

Partager
Avec elle
Un moment
C’est
Entrer
Dans un roman
Même
S’inviter
Carrément
Sur le tournage
D’un film.
Un film
Où le réalisateur
Nous autorise
A être
Le personnage principal
A qui :
TOUT va arriver.
Un personnage
Dont les préoccupations
Doivent
soudainement
Trouver
rapidement
au plus vite
Un dénouement
Une nouvelle piste
Un nouvel indice : une solution.

Tout peut ARRIVER
A ses côtés.
TOUT.

Un souvenir qui revient
Une idée folle
Qui
Nous prend
Avec désinvolture
Avec une impossibilité
De résister
Par la main.
Un nom
Un mot
Un visage
Des liens
Qui se tissent
Entre des indices
Qui jusque-là
Dans nos pensées
Se tenaient
Eloignés
Séparés.

Son énergie
REMUE
TOUT
En nous
Autour de nous
Vibration
En continuation :
De molécules.

Elle est là
Vous êtes là
Dans un sourire
Et en même temps
Une tension.

Tout peut changer
Tout peut basculer
En un clin d’œil
A la moindre occasion.

Partager
Avec elle
Un moment
C’est
Entrer
Dans un roman
mais en être
Soudainement
Les héros.

Peut-être
Tout simplement
Car elle aime
Faire de sa vie
une série ;
Avec chaque jour
Un épisode inédit.

Alors
En nous
Le désir d’enfin
tout changer
Et
D’écrire
Une nouvelle page.
Se dit
« Finalement
Pourquoi pas
Profiter
De son équipe
De tournage ? »

Partager…
Avec elle…


VISITE DE NUIT

Certaines nuits
Aidé d’un ami
On peut remonter
Le fil de sa vie
A l’aide
Du fil du téléphone.

Pêche nocturne
Les noms
Comme des hameçons
à émotions.
Et ça mord !
De la joie
De la passion
De la tendresse
Plus que des remords.
Un poète
Ou son sosie
Croisé tard
Rue Mouffetard.
Les légendes
Etaient encore
Vivantes
Et partageaient
banalement
Nos pavés
Et nos rues.

Des pavés
D’ailleurs
Qu’ils lançaient
Furieusement
Contre la rigidité
Et la froideur
De la société
A travers
La puissance de
leur voix
la chaleur
de leur plume.
Rage de vivre
De lien
D’amour
de coeurs
Qui ne voulaient pas
Céder
Face
A la barbarie
Du monde.

Il se rappelle
Ça
soudain
Du seul moyen
pratiquement
Qu’il reste
Aux humains
Pour taper
Hurler
Remuer
Sans ne jamais toucher
A l’intégrité
de l’autre.

L’art
Ne pas toucher
à l’intégrité de l’autre
mais en fait
plutôt
lui rappeler.

Plutôt lui rappeler.
Sa générosité
Son désir
De contribuer
De se connecter
A un environnement
A d’autres gens,
Quand depuis petit
On l’a abruti
Avec
la concurrence
la compétition
Au lieu
Comme le dirait
Albert Jacquard
De lui parler
D’émulation.
De création
A la place
De consommation.

Ce soir
Avec son ami
Dont il se fait
Le guide
Cette nuit
Pour lui présenter
Les quartiers
Les plus anciens
De son existence
De sa vie.
Cette nuit
Il lui parle
Comme l’émotion
Lui servait d’un support
Pour la mémorisation.
Quand il lisait
Un poème
Qui le touchait
Il l’apprenait
Uniquement
En une fois.
Il n’avait qu’à se souvenir
De l’émoi
Qu’il avait ressenti
Et les mots
immédiatement
un à un
Ressurgissait
Avec clarté
précision
et joie
à la surface
de son esprit.

Emu
Tout lui revient
Puis
immédiatement
tout repart.
Vingt années
dans ces sociétés
L’ont privé
De lecture
D’intelligence
De chaleur
Le quotidien
Aujourd’hui
A pour lui
Des allures
De case départ.

Pourtant
il rêve
Certains soirs
Qu’il agit en héros.
Qu’il monte tout en haut
D’une ville
D’une grille
Qu’il la fait tomber
pour tous nous libérer.

Certains rêves
Apparaissent
bien trop réels
Pour ne pas les laisser
influencer
notre réalité.

Alors
cette nuit
En compagnie
de son ami
Il lui montre
Les quartiers de sa vie.
Pour retrouver du sens
De l’énergie.
Se souvenir
De tout ce qu’il a déjà réalisé
surmonté.
Appartenir
A toutes les minorités
Impose l’excellence
Pour désamorcer
Dans leurs yeux
Les réflexes de méfiance.

Et en repensant
A ce poète
Qui descendait
banalement
la rue Mouffetard.
Il sent
Qu’il va devoir
incarner
cette référence
pour la société
Tôt ou tard.

Des Brassens
Des Brel
Des Ferré
Sont déjà présents aujourd’hui.
Et peut-être même que c’est toi.
Et peut-être même
Que c’est elle
Et peut-être même que c’est lui.

00h40.
Fin de la visite.
Le guide et le visiteur
repartent
chacun de leur côté.
Riches des émotions
que les grands poètes
savent si bien
procurer.

L’art :
Ne pas toucher
à l’intégrité de l’autre
mais en fait
lui rappeler.

mais en fait
lui rappeler.

Lui rappeler.


A MON COEUR

Je cours
Pour équilibrer
Mon cerveau.
Pour te rendre
En silence
En présence
En force
En douceur
Tout ce bien
Que tu as
Fait
A mon cœur.

Tu es là
A chaque fois
que l’extérieur
m’enfonce
par surprise
De la noirceur.
On peut
refuser
Les colis
Renvoyer
Avec fermeté : l’expéditeur.
Tu sais comme mon cerveau
invite
toutes les données
A diner
S’exprimer
Par souci
De ne pas louper
un jour
l’annonciateur.

Celui
Qui peut planter
une graine
Dans l’esprit
Et faire verdoyer
De plaisir
D’amour
Ce qui n’était
Jusqu’ici
Qu’encore un champ d’expérimentation
de labour :
Mon cœur.

Mon esprit
invite
et devrait
Se protéger
Des saccageurs.
Ton arrivée
Apporte
A chaque fois
Le réconfort
Le courage
La douceur
De réaménager
A mon image
Mon intérieur.

Alors :
je cours
Pour équilibrer
Mon cerveau.
Pour te rendre
En silence
En présence
En force
En douceur
Tout ce bien
A chaque fois
Que tu fais
A mon cœur.

Tout ce bien
A chaque fois
Que tu fais
A mon cœur.

A mon cœur.

A mon cœur.


ENSEMBLE… RESSENTIR

L’extérieur
Pendant
Des années
m’a répété :
« Compétitivité »
Puis un jour
mon corps
m’a
soufflé :
« harmonie ».

La scolarité
M’a
Martelé
« être
au dessus
de »
Puis mon narcissisme
honteux
épuisé
m’a ordonné
désormais :
« être avec »

Mon
puérilisme
M’a
Encouragé
à
« Impressionner
Charmer
et
Séduire ».
Puis
ma fausseté
fatiguée
Ne m’a rien dit
mais
dans son envie
d’arrêter,
j’ai compris
pour toujours :
« écouter
partager
être là,
ensemble,

ressentir »


RIEN A GAGNER, RIEN A PERDRE

Rien à gagner
Rien à perdre
Avec elle.
Tout à laisser
S’expandre
S’étendre
Enfin
Totalement
Se déployer.

Rien à gagner
Rien à perdre
Avec elle.
Juste monter
Dans la fusée
Pour s’en aller
Butiner
Au-delà des étoiles
Puis revenir
Diffuser
Au sein du concret
La magie
De l’ésotérique
Le parfum
universel
De l’abstrait.

Rien à perdre
Rien à gagner
Avec elle.
L’horloge
Ne sait plus
Si elle doit
Reculer
Ou avancer.
Retarder
Le moment
Ou accélérer
La venue
Du suivant.

Rien à perdre
Rien à gagner
Avec elle.
Juste laisser
la boite intérieure
Totalement s’ouvrir
Pour laisser
S’échapper
Tout ce qu’on
A pu
retenir
Pendant des années.

Enfin
Tout diffuser.
Une énergie
Tout autour.

Simplement

…de l’amour.

Rien à perdre
Rien à gagner
Avec elle.

Juste s’étendre
Dans le moment.
Juste
S’expandre
S’unir
A son environnement.

Rien à gagner
Rien à perdre
Avec elle.


DIS-MOI

Dis-moi
Si ma voix
T’emmène

Où tu veux.

Dis-moi
Si mes doigts
T’emmènent

Où c’est mieux.

Dis-moi
Dis-moi :
En un vers
Voyager
Plus
Qu’en
Dix mois.

Dis-moi
Dis-moi :
En un sourire
Voyager
Plus
Qu’en
Dix verres.

Une vie
En dévers
Le déséquilibre
Et voici
Le mouvement.
C’est la pente
Que t’arpentes
Folie
de la descente
Ou adrénaline
de la montée
Vers les sommets ?

Dis-moi
Si ma voix
T’emmène

Où tu veux.

Dis-moi
Si mes doigts
T’emmènent

Où c’est mieux.

Dis-moi
Dis-moi :
En un vers
Voyager
Plus
Qu’en
Dix mois.

Dis-moi
Dis-moi :
En un sourire
Voyager
Plus
Qu’en
Dix verres.

Allez…
J’te ressers…
Tu me ressers…
Un vers
Un verre
Un sourire
Dans tes bras.

Un vers
Un verre
Un sourire…

…Dans tes bras.


TRACER SA VOIE

Lire
De
La psychologie
Pour se rassurer sur son
Passé
Nous étions le jouet
De notre nature.

Lire
Des autobiographies
Pour
Se rêver une
Destinée
Plus grande
Et reconsidérer le monde
Comme un immense terrain de
Jeu
Où la richesse à donner
Est proportionnelle à celle
En retour
A recevoir.

Lire
De la spiritualité
Pour ne plus jamais
Faire dépendre
La constance de son action
Des marques d’estime
Extérieures.

Et passer
Régulièrement
De l’un à
L’autre
Pour se rapprocher
De l’équilibre
Parfait
D’ambition
D’acceptation
De contemplation
Et d’effort.

L’enfant a vieilli.
Il n’a plus le droit à l’erreur.
Il n’a plus le droit de
Dire « non ».
Pour garder l’appétit
Les événements contre lui
Deviennent parties d’un destin
Qu’il s’imagine.
Ainsi, il s’offre de la patience
Du courage
Il a compris que le chemin serait long.
Accueillant même comme victoire
La chance de pouvoir contempler
Sa propre défaite.
Il faut lutter. Mais céder.
Lutter. Mais aimer.
Il faut tracer sa voie
Au milieu des sourcils
Du vide
Et des sourires.